Banque de La Poste : pratique étrange...

Frédéric Chardon Publié le - Mis à jour le

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Certains vendeurs de la banque de La Poste ont reçu un e-mail leur proposant un scénario idéal pour placer des produits financiers "à risque" en parlant de bons de caisse aux clients. En résumé, dans cet échange de mails interne au réseau de la banque, on invite les conseillers-clients de l’institution à parler de "bons de caisse modernes" : "Cher client, je vous ai invité car votre bon de caisse vient à échéance, et j’ai une alternative pour vous. C’est un bon de caisse moderne, mais il vous donnera un bien meilleur rendement que le bon de caisse (classique)", détaille le mail en question dont le PTB (Parti du travail de Belgique) a eu vent. Un article à ce sujet sort d’ailleurs ce jeudi dans "Solidaire", la revue du parti. Le produit à placer sous l’appellation de bon de caisse moderne : le "Lift 3", qui donne un rendement entre 1 et 7 % sur 6 ans selon l’évolution d’un panier d’actions. Il s’agit en fait d’une Sicav.

Le problème est le suivant : via les "vrais" bons de caisse, on achète un produit avec rendement et capital garanti. Une Sicav, c’est différent : on achète des actions, ou autres titres, avec un capital garanti ou non, mais avec un rendement qui n’est jamais garanti. Autrement dit, s’émeut le PTB, les clients potentiels qui seraient contactés par les conseillers de la banque de La Poste selon le scénario mentionné plus haut pourraient donc prendre un risque sans vraiment en avoir conscience.

D’autant plus que le scénario de vente invite aussi les conseillers-clients à dire aux acheteurs potentiels qu’ils auront un rendement assuré supérieur à 3,5 %. "Dans ce dialogue, le conseiller doit dire au client qu’il va obtenir plus que 3,5 %, mais il y avait beaucoup de chances que le client ne touche que du 1 %, témoigne un vendeur à l’origine de la fuite vers le PTB et qui a souhaité rester anonyme. Utiliser le terme "bon de caisse" est un mensonge. Si la FMSA (Autorité des services et marchés financiers, NdlR) ou le ministère voit ça, ça peut causer des problèmes à la banque ".

Du côté de la banque de La Poste, on nie que cet échange de mails s’inscrive dans une communication officielle de l’entreprise. "J e n’ai pas vu le mail, mais je suis quasiment certain qu’il s’agit d’une initiative locale, explique le porte-parole de la banque. Notre réseau compte 3 000 collaborateurs et on ne peut pas exclure une initiative malheureuse de quelqu’un qui croyait bien faire. Ce n’est pas du tout comme cela que nous communiquons à la banque de La Poste. Nous privilégions toujours la plus grande transparence à l’égard de nos produits."

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