Belgacom s'inquiète du flou réglementaire pour son offre TV

M.V.O. Publié le - Mis à jour le

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D'ici quelques mois, Belgacom lancera une offre de télévision numérique et interactive via l'ADSL. Ce qui signifie que les consommateurs auront le choix entre le câblo-distributeur de leur région et Belgacom pour leur abonnement télévisuel.

A priori, c'est une bonne nouvelle pour le consommateur dans la mesure où les prix vont sans doute baisser alors que l'offre va s'enrichir. Dans le secteur des télécoms aussi, l'arrivée de concurrents pour ce même Belgacom a permis ces dernières années de réduire fortement les tarifs des communications.

Mais Belgacom, qui investit des sommes énormes dans le développement de son offre «Belgacom TV» - tant dans l'infrastructure que dans le contenu -, s'inquiète du flou réglementaire dans lequel elle risque de devoir se lancer. «A partir du moment où télécoms et télédistribution se rassemblent progressivement dans une seule et même industrie, il faut repenser le cadre réglementaire. C'est d'ailleurs la philosophie de la nouvelle directive européenne sur les télécommunications. Malheureusement, dans le cadre tel qu'il est défini actuellement en Belgique, le lancement de notre offre de télévision interactive risque de devoir se faire dans des conditions très incertaines», affirme Patrice d'Oultremont, le responsable des affaires régulatoires de Belgacom.

C'est surtout le possible conflit de compétences entre le fédéral et les communautés qui inquiète la société. La régulation du secteur des télécoms relève en effet du gouvernement Verhofstadt, et en particulier du ministre de l'Economie Marc Verwilghen (VLD), alors que celle du secteur des médias est une compétence communautaire. Ce que n'a pas manqué d'ailleurs de rappeler déjà le ministre flamand des médias Geert Bourgeois (NVA).

Du coup, on ne sait pas aujourd'hui quelle autorité sera compétente pour réguler les marchés des «broadband services» et des «broadcasting transmission services», comme les définit la directive européenne. A priori, on aurait pu penser que cela aurait été l'IBPT - le régulateur du secteur des télécoms - mais une récente décision de la Cour d'arbitrage a refusé cette solution.

Pour sortir de l'impasse, celle-ci a suggéré deux solutions possibles à adopter d'ici la fin de l'année: soit transférer également la tutelle sur le secteur des télécoms aux communautés, soit négocier un accord de coopération entre les différents gouvernements et institutions concernés pour mettre sur pied une nouvelle instance de régulation dans laquelle chacun aurait son mot à dire.

Du côté de Belgacom, on affiche clairement sa préférence pour la seconde solution.

© La Libre Belgique 2005

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