BNB: des altenatives à l'indexation automatique des salaires

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La Banque nationale Belgique (BNB) a présenté jeudi une vaste étude sur l'indexation en Belgique dans laquelle figure une série de pistes en vue d'une éventuelle réforme du système d'indexation automatique des salaires. "Il s'agit d'objectiver et d'alimenter le débat", a expliqué le gouverneur de la BNB, Luc Coene, renvoyant in fine la balle aux partenaires sociaux et au gouvernement.

L'étude, qui avait été lancée en février 2011 par le précédent gouverneur, Guy Quaden, propose sept "alternatives" au système actuel d'indexation automatique des salaires basée sur l'inde santé et analyse les avantages et inconvénients de ces alternatives. Les scénarii envisagés sont notamment une exclusion des produits énergétiques de l'indice-santé; une indexation calculée en centimes plutôt qu'en pourcentage; des accords "all in"; ou encore le remplacement de l'indice-santé par une valeur fixe.

La BNB ne se prononce toutefois pas en faveur d'une hypothèse plutôt qu'une autre, a assuré le gouverneur Luc Coene. "Ce n'est pas à la BNB qu'il revient de prendre des décisions politiques en la matière. Notre premier objectif est d'alimenter le débat qui de toute manière devra se tenir."

Luc Coene a toutefois souligné l'importance de "prévenir plutôt que de guérir" et le fait que l'on se trouve actuellement dans un moment d'accalmie de l'inflation, propice pour préparer l'économie belge à affronter les chocs futurs. "Il ne faut pas se faire d'illusion, lorsque la reprise sera là, les prix des matières premières augmenteront et nous serons à nouveau confrontés à des problèmes", a-t-il averti.

Le patronat prône le dialogue en vue d'une réforme en profondeur

Après l'étude approfondie de la Banque nationale de Belgique (BNB) sur l'indexation en Belgique, il convient de mener un "dialogue constructif" en vue d'une réforme "en profondeur et structurelle" du système d'indexation automatique des salaires, ont réagi jeudi les organisations patronales. Selon les organisations d'employeurs, l'étude de la BNB démontre que le système actuel d'indexation "génère plusieurs effets pervers". "Lorsque l'économie belge est confrontée à un choc des prix externe (par exemple une forte augmentation du prix du pétrole), il engendre notamment un accroissement plus important que prévu des coûts salariaux et ainsi une détérioration de notre compétitivité et une perte d'emplois", soulignent dans un communiqué la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), l'Union wallonne des entreprises (UWE), l'Union des classes moyennes (UCM), le Voka et l'Unizo.

Le patronat estime dès lors qu'il convient de mener dès à présent un dialogue constructif. "Le but doit être, comme l'ont recommandé la Commission européenne et d'autres instances internationales, d'arriver à une réforme en profondeur et structurelle de notre système d'indexation automatique, en éliminant au maximum les effets pervers actuels. Nous pouvons discuter de toutes les options, pour autant qu'elles mettent fin aux effets pervers qui détruisent les emplois et le pouvoir d'achat", concluent les organisations patronales.

Laurette Onkelinx: pas question de toucher au mécanisme actuel

La vice-première ministre PS Laurette Onkelinx a indiqué jeudi sur sa page Facebook qu'il n'était "pas question de toucher au mécanisme actuel" d'indexation des salaires.

Le gouverneur de la BNB a "pris l'initiative" de faire une étude sur le mécanisme d'indexation des salaires, observe Laurette Onkelinx. Dans cette étude, la BNB indique que l'on pourrait modifier les modalités de l'indexation pour améliorer la stabilité monétaire du pays et répertorie une séries d'alternatives possibles. "En ce qui me concerne, il n'est pas question de toucher au mécanisme actuel qui remplit très bien sa mission, à savoir protéger le pouvoir d'achat des travailleurs quand il y a augmentation des prix", indique-t-elle sans ambages.

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