Bpaid, la carte de crédit de bpost

P.D.-D. Publié le - Mis à jour le

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Quelque trente millions de visites ont été effectuées en 2011 dans les bureaux de poste du pays, qui pour acheter des timbres, qui pour réceptionner un recommandé ou un colis, qui pour effectuer une opération bancaire.

Avec, à la clé, un temps d’attente en forte diminution : il est ainsi passé de 7 à 3,5 minutes en moyenne entre 2007 et 2011. C’est une moyenne. "Je ne dis pas qu’il ne faut pas parfois attendre plus de 5 minutes", reconnaît un membre du comité de direction de bpost.

La palette de services et de produits proposés dans les bureaux de poste s’élargira en tout cas dès lundi, avec l’arrivée d’une carte de crédit prépayée, dénommée bpaid et lancée en coopération avec MasterCard.

A première vue, rien de bien nouveau sous le soleil. Des cartes de crédit prépayées sont déjà présentes sur le marché belge : Banca Monte Paschi et Buy Way (ex-Cetelem) proposent une telle carte en partenariat avec MasterCard.

Le principe est globalement le même : votre limite de dépense dépend du montant crédité sur la carte de crédit prépayée (6 000 euros dans ce cas), comme tel est le cas avec la fonction Proton. L’avantage est multiple. D’une part, vous ne pouvez pas dépenser plus que la somme créditée sur la carte. La carte, d’autre part, n’est pas personnelle : vous pouvez fort bien la céder à un enfant, même de moins de 18 ans, tout en limitant ses dépenses (si vous chargez la carte de 500 euros, il ne pourra pas dépenser plus de 500 euros !). Elle dispose, enfin, d’un code secret.

Dans le cas de la bpaid, elle pourra donc être retirée dans tous les bureaux de poste. Dans une étape ultérieure, les points poste pourraient l’offrir.

La carte est gratuite. Enfin presque : elle est assortie de frais administratifs annuels de 12 euros. C’est bien moins intéressant que la carte prépayée de Buy Way, pour laquelle le coût d’activation - unique - est de 5 euros. C’est par contre 15 euros pour la Multi Card de Banca Monte Paschi.

Mais vous n’irez pas très loin avec la carte bpaid si vous ne la chargez pas, en d’autres termes si vous ne la créditez pas du montant que vous désirez ou comptez dépenser dans les jours ou semaines à venir. Et là, les tarifs sont bien plus intéressants que chez ses deux concurrents. Le chargement ne vous coûtera pas un cent si vous versez la somme par virement alors que Buy Way demande 2 % de frais sur le montant chargé, soit 20 euros pour 1 000 euros chargés.

Si vous alimentez la carte prépayée en versant du cash dans un bureau de poste, les frais seront par contre de 3 euros, quel que soit le montant versé. Un coût plutôt élevé par rapport au public visé, selon Test-Achats.

Avec bpaid, bpost et MasterCard visent en fait les six millions de Belges qui n’ont pas encore de carte de crédit. Il y a donc du potentiel. Koen Van Gerven table sur 10 000 cartes vendues la première année, et 100 000 distribuées en vitesse de croisière.

L’absence de nom sur la carte pourrait convaincre un public réticent à effectuer des opérations sur Internet avec une carte de crédit, selon Koen Van Gerven. L’identité de l’acheteur de la carte sera toutefois connue par bpost et MasterCard.

En cas de perte de la carte, la bpaid peut être bloquée et le montant non encore dépensé être transféré sur la nouvelle carte.

Chaque titulaire de carte pourra consulter l’état de ses dépenses via un site Internet.

Ce partenariat permet à MasterCard d’être présent dans un réseau de 676 bureaux de poste et de s’offrir une belle visibilité pour un type de paiement appelé à se développer.

La bpaid permet aussi à MasterCard d’introduire en Belgique une carte de crédit sans contact (pas besoin d’introduire un code secret pour les paiements inférieurs à 25 euros). Une fonction qui n’a pas encore été activée dans les terminaux de paiement. Mais cela ne saurait plus trop tarder, selon David Deschamps, General Manager pour la Belgique.

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