Bruxelles critique le "moment" choisi par Moody's pour dégrader l'Italie

AFP Publié le - Mis à jour le

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La Commission européenne a sérieusement mis en cause vendredi le "moment" choisi par l'agence Moody's pour dégrader la note de la dette à long terme de l'Italie, en saluant les actions "déterminées" de ce pays pour rétablir ses finances.

"Je n'ai pas de commentaires à faire sur le contenu de l'annonce, mais on peut légitimement et sérieusement s'interroger sur son moment", a déclaré Simon O'Connor, porte-parole du commissaire européen chargé des Affaires économiques, Olli Rehn. "Ce n'est pas la première fois que cette question est soulevée", a-t-il ajouté.

Bruxelles met régulièrement en cause le moment choisi par les agences de notation pour sévir, notamment juste avant la tenue de sommets européens ou de réunions sensibles de la zone euro.

"Nous considérons que les actions de l'Italie ont été à la fois déterminées et étendues", a affirmé M. O'Connor. Il a évoqué les mesures de "consolidation fiscale", l'introduction d'une règle d'équilibre budgétaire dans la Constitution et la réforme du marché du travail.

Pour le porte-parole, "l'effort de réforme de l'Italie a été impressionnant et sans précédent". Il a souligné que le pays devait "maintenant mettre en oeuvre pleinement ce qui a été adopté".

L'agence d'évaluation financière Moody's a dégradé dans la nuit de jeudi à vendredi la note de l'Italie de deux crans, de "A3" à "Baa2", et maintenu la perspective négative, quelques heures avant une émission de titres de dette par ce pays.

Cette dégradation n'a finalement pas pesé sur l'Italie. Rome a emprunté 3,5 milliards d'euros à trois ans à des taux en nette baisse, soit 4,65% contre 5,30% le 14 juin lors de la dernière opération du même type. Cette émission était considérée comme un test.

En revanche, le taux d'emprunt à 10 ans du pays s'envolait vendredi pour repasser au-dessus des 6%.

Moody's a justifié sa position car elle s'inquiète des risques de contagion de la crise à la troisième économie de la zone euro. "L'Italie a plus de risque de connaître une hausse brutale de ses coûts de financement ou de ne plus avoir accès aux marchés financiers (...) en raison de la confiance de plus en plus fragile des marchés et du risque de contagion émanant de la Grèce et de l'Espagne", a indiqué Moody's dans un communiqué.

Mardi, le Premier ministre italien Mario Monti avait pour la première fois envisagé que Rome ait recours à un moment donné aux fonds de secours de la zone euro pour faire face à la flambée de ses taux d'emprunt.

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