C’est lui le boss, un point c’est tout

Caroline GRIMBERGHS Publié le - Mis à jour le

Actualité L’homme qui vaut (presque) 30 milliards de dollars fait la une de tous les journaux ce matin : l’entrée en Bourse de Facebook fait de son fondateur Mark Zuckerberg, la star du jour. Et le jeune homme peut compter sur une étoile qui brillera plus longtemps que le quart d’heure warholien : en créant le réseau social dans sa chambre d’étudiant il y a 8 ans, il s’est placé en orbite. Pour quelques années et quelques milliards au minimum. Ce qui inquiète aujourd’hui, c’est la personnalité du garçon. Un film (The Social Network) dans lequel il apparaissait exécrable et égocentrique a popularisé cette attitude désastreuse qui fait craindre aujourd’hui qu’il n’ait pas les épaules assez solides pour porter le rêve américain.

Libération propose ce matin un portrait au vitriol, dans lequel on apprend qu’il y a encore quelques mois la carte de visite de Zuckerberg se fendait d’un classieux : ‘I am the CEO, bitch ! (« C’est moi le PDG, connard ! »), que le jeune homme se présente devant les plus puissants de la planète en sweat-shirt à capuche et qu’il décide de se pointer ou non aux réunions cruciales en fonction de son humeur, laissant sur le carreau les plus grosses fortunes du monde. Manque de respect ? Immaturité ? « Acheter des actions de Facebook revient à faire un pari sur la personnalité même de Mark Zuckerberg et sur sa capacité à mûrir avec son entreprise », explique LeFigaro ce vendredi.

Le New York Times le décrit comme « un destructeur des mondes, dévoreur de temps et, pour le meilleur et pour le pire, le dernier d'une lignée de révolutionnaires remontant à Gutenberg qui ont bouleversé la façon de communiquer et de réfléchir ». Mais précise aussi qu’il a concrétisé le deal liant Facebook à Instagram autour d’une crème glacée, pendant que les avocats attendaient sagement dans une autre pièce.

Ses proches estiment que son handicap social est comblé par une grande intelligence et, surtout, un entourage de qualité. Il compte Bill Gates parmi ses amis et a pu profiter des avisés conseils de Steve Jobs avant qu’il ne décède, à l’époque où ils partaient, ensemble, marcher sur les hauteurs de Palo Alto. Il aurait été coaché pour apprendre le ‘people management’ qu’il exécrait au début de sa carrière. On dit de lui qu’il est un chef de fil de plus en plus sûr de lui, qui se construit au fur et à mesure des échecs et des succès. Et on ne peut pas dire que l’entreprise Facebook soit mal gérée jusqu’à ce jour.

On retiendra malgré tout que le mantra du jeune homme se révèle un rien kamikaze : « Aller vite, même s’il faut casser des choses en chemin ». Quand une évolution facebookienne est mal vécue par l’utilisateur, Zuckerberg ne s’encombre pas de prises de tête : il s’excuse et, éventuellement, fait marche arrière. Il avance et le reste, il s’en fout autant que de son premier PC.

Publicité clickBoxBanner