Déficit: La Belgique ne fera pas les efforts exigés par l'UE

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Les ministres des Finances de l'UE ont formellement recommandé mercredi à la Belgique de ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB en 2012, un an plus tôt que prévu, mais le gouvernement belge s'obstine à refuser la nouvelle échéance.

Les 27 - moins la Belgique - ont entériné la recommandation adoptée le mois dernier par la Commission européenne, qui demande aux pouvoirs publics du pays un effort accru en 2011 et 2012. Aux yeux des Européens, la dette publique très élevée de la Belgique justifie ce calendrier plus serré, qui est d'ailleurs prescrit aussi à l'Italie.

Le ministre belge des Finances, Didier Reynders (MR), a répété mercredi son refus de s'engager à respecter la recommandation, sans toutefois parvenir à la faire modifier. "La décision est prise sans la participation de l'Etat concerné", a-t-il expliqué aux journalistes à sa sortie du Conseil Ecofin. Le gouvernement ne compte pas moins maintenir la trajectoire budgétaire initiale et ne revenir sous les 3% qu'en 2013. "Il faut prendre des engagements qu'on peut tenir", a dit M. Reynders. "La priorité, c'est encore de sortir de la crise. Cela ne sert à rien de mettre de plus en plus de monde en difficulté". La position est celle du gouvernement, même si le ministre du Budget, Guy Vanhengel (Open Vld) ne cache pas sa préférence pour un assainissement plus rapide. Dans les colonnes du Standaard de mercredi, il a plaidé pour le respect de la recommandation. Selon lui, "on ne peut pas être fier des hautes responsabilités européennes d'Herman Van Rompuy et de Karel De Gucht et dans le même temps envoyer balader l'Europe sur le budget".

Didier Reynders ne partage pas ce point de vue. Pour lui, "le bon signal, c'est de dire réellement ce qu'on peut faire". "Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi on demande à la Belgique d'agir plus tôt que les autres", étant donné que la plupart des autres pays concernés pourront revenir sous les 3% à partir de 2013, voire plus tard, a-t-il insisté. La Belgique n'est pas le seul pays européen à faire l'objet de recommandations européennes. Avec la crise, de nombreux autres Etats membres font l'objet d'une procédure en déficit excessif. Inscrite dans le pacte de stabilité, celle-ci peut en théorie mener à des sanctions contre le pays concerné. Très longue, elle n'a encore jamais été portée à son terme. Il s'agit surtout de mettre une pression politique sur les gouvernements pour qu'ils gardent les déficits dans des proportions acceptables, afin de ne pas affaiblir la monnaie unique.

En 2003, la Commission européenne s'était déjà lancée dans une confrontation frontale avec la France de Jacques Chirac et l'Allemagne de Gerhard Schroeder, qui refusaient de serrer la vis. L'affaire s'était progressivement tassée avec le retour à la croissance économique. Elle avait aussi débouché sur un léger assouplissement du pacte de stabilité, au terme d'une très longue négociation.

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