Des voitures plus polluantes ?

R.Me. Publié le - Mis à jour le

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C’est sans doute l’une des mesures qui aura eu le plus d’impact avant même d’entrer en vigueur. Il est vrai que les concessionnaires automobiles en ont fait la plus grande publicité, à peine la décision politique énoncée. Impossible de rater les nombreuses campagnes publicitaires de ce mois de décembre, rappelant aux futurs acheteurs qu’il ne leur restait plus que "quelques jours" pour profiter des dernières primes fédérales sur les voitures les moins polluantes. Mais depuis ce 1er janvier, c’est définitivement terminé : un privé achetant un véhicule émettant moins de 105g de CO2 par km ne recevra plus une prime de l’Etat belge de 15 % sur le prix d’achat. A la trappe également, la "ristourne" de 3 % pour toute automobile rejetant entre 105 et 115g de CO2. Ces mesures du gouvernement "Papillon" risquent d’avoir un impact direct sur le marché automobile. "Nous venons de vivre deux années record en matière de vente et on ne vivra certainement pas une troisième année de suite de la sorte", explique Christophe Dubon, du service communication de la Febiac (Fédération belge de l’automobile et du cycle). L’année 2011 aura battu tous les records avec 572 211 nouvelles immatriculations en Belgique, chiffre "boosté" par "le rush de fin de primes" de décembre (près de 49 000 voitures vendues, contre 29 000 l’année dernière), habituellement un mois très calme. Depuis 2008, la Belgique vit à contre-courant des autres pays européens, où les ventes sont en baisse. "Les primes y étaient sans doute pour beaucoup, mais il existe aussi un phénomène bien de chez nous : les Belges sont très fiers et attentifs à leurs voitures."

Quoi qu’il en soit, et à titre d’exemple, Seat a vu les immatriculations de son modèle Leon Ecomotive, émettant 99g de CO2/km, bondir de 371 % en décembre. "Il y a eu un effet d’anticipation, remarque M. Dubon. Mais au final, ce ne sont que 20 000 véhicules en plus qui ont été vendus par rapport à un décembre classique, soit le stock qu’avaient prévu bon nombre de concessionnaires pour le salon de l’Auto de janvier". Reste que les voitures les moins polluantes (rejetant moins de 115g de CO2), qui ont représenté un tiers des ventes en 2011, risquent de connaître un fameux coup d’arrêt suite à la fin de ces primes. Différentes associations s’inquiètent déjà de voir apparaître des véhicules plus polluants sur les routes de notre pays. "C’est beaucoup trop tôt pour le savoir, anticipe M. Dubon. Je crois que la mentalité des Belges a changé: la plupart des nouveaux acheteurs s’intéressent à l’émission de CO2 de leurs futures voitures, ce qui n’était vraiment pas le cas auparavant". D’après M. Dubon, cet arrêt de primes pourrait même avoir un effet positif sur l’environnement, puisque de nombreux citadins auraient davantage intérêt à opter pour des voitures roulant à l’essence plutôt que pour des voitures diesel (qui répondaient plus facilement aux critères des primes). "Or les voitures diesel rejettent davantage de particules fines et ne présentent des avantages écologiques et économiques que sur les longues distances." Autre effet "Papillon 1er", le marché de l’occasion devrait profiter de la nouvelle donne. "On espère rééquilibrer la situation, explique M. Biber, d’Euromarket Bierset, présenté comme le plus grand marché de voitures d’occasion de Wallonie. Avec de telles primes, il était très difficile de concurrencer les concessionnaires. En 2012, les voitures d’occasion seront plus intéressantes pour l’usager. Mais je ne suis pas dupe et je suis certain que les concessionnaires vont trouver d’autres techniques pour attirer de nouveaux clients".

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