Dexia, victime du Liborgate ?

AvC Publié le - Mis à jour le

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Elles pourraient être nombreuses, les institutions qui se demandent si elles n’ont pas été victimes du scandale du "Libor", du nom de ce taux d’intérêt - déterminant pour les marchés - qui a été manipulé. Parmi elles, il y a Dexia. Selon des sources internes, le groupe bancaire franco-belge est en train d’examiner dans quelle mesure il a été touché par cette manipulation qui a eu lieu entre les années 2005 et 2009.

Pour rappel, on a appris récemment que les traders de la banque britannique Barclays avaient fait en sorte, surtout au moment de la crise du "subprime" (2008-2009), de minimiser le niveau du Libor. Ce qui permettait de majorer leurs marges.

A priori, on peut se dire qu’une baisse des taux ne fait pas de tort pour des entreprises qui empruntent ou des banques qui doivent se financer. On pourrait aussi se dire que ce qu’une banque perd en termes de rémunération, elle le gagne en termes de coût de financement. Et que, donc, cela n’a pas d’effet sur le compte de résultat. Ce serait sans compter le rôle du Libor sur le marché des produits dérivés. Si ce taux baisse, cela augmente le coût de couverture pour les entreprises (ou les banques) qui veulent neutraliser le risque de taux d’intérêt. Une banque comme Dexia a justement couvert en masse son bilan par des "swaps" de taux d’intérêt. Avec, comme effet, que plus la situation devient tendue, plus les contreparties (en général des banques d’affaires) exigent ce qu’on appelle du "collatéral" (actifs déposés en garantie) pour se prémunir d’un risque de faillite. "Quand le Libor baisse, cela augmente la demande de collatéral", explique-t-on chez Dexia. Et quand une banque manque de collatéral, elle a plus de mal à se financer.

En clair, l’affaire du Libor pourrait avoir augmenté les besoins de liquidités de Dexia. Or, c’est bien à cause d’un problème de financement que le groupe a dû être sauvé une première fois en octobre 2008, obligeant les Etats belge et français à apporter leur garantie.

Il est toutefois trop tôt pour dire sur quoi l’examen de Dexia pourrait aboutir. Ce qui paraît évident, c’est qu’on est plutôt dans un combat symbolique. D’autant que pour certains analystes, l’éventuel dommage est marginal. Pour eux, "la véritable erreur de gestion, c’est d’avoir signé des swaps de taux fixe dans un environnement où les taux ne pouvaient que baisser."

Le "Liborgate" n’a donc sans doute pas fondamentalement empiré la situation du groupe. Lequel publiera la semaine prochaine des résultats attendus en négatif vu les ventes d’actifs à perte. Et qui est toujours dans l’attente du feu vert de la Commission pour le plan de liquidation

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