Di Rupo Ier fait peur aux investisseurs

F.C. Publié le - Mis à jour le

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La Belgique a perdu de son attractivité économique aux yeux des décideurs économiques internationaux. Ce constat ressort de la 9e étude annuelle réalisée par le bureau de consultance Ernst&Young (E&Y) sur la question. Et les mesures d’austérité budgétaire adoptées dans l’urgence en fin d’année dernière par Di Rupo Ier y seraient pour quelque chose

Quelques chiffres : selon l’enquête d’E&Y, 10 % des 206 entreprises interrogées de par le monde envisagent un départ de Belgique dans les 10 prochaines années. Par contre, 50 % des décideurs affirment être certains d’y rester. Mais ce pourcentage lors du précédent baromètre était de 70 % ! Enfin, une multinationale sur 20 se dit certaine d’abandonner son ou ses sites belges.

"L’action du nouveau gouvernement a tout de même permis de rétablir l’optimisme des investisseurs, analyse Herwig Joosten, en charge des matières fiscales chez Ernst&Young, car ils estiment désormais que la Belgique, grâce aux mesures budgétaires adoptées, va traverser sans trop de problèmes la crise. Elle ne sera pas une nouvelle Grèce. Ce qui a surtout joué, c’est le train de mesures budgétaires adoptées fin décembre et qui a eu un impact positif sur les "Olos" (obligations linéaires émises par l’Etat belge, NdlR). Mais, en même temps, ce sont des mesures qui font mal. Et il va falloir assurer désormais plus de stabilité dans la politique économique, la fiscalité, etc."

En effet, 25 % des entreprises interrogées estiment que les nouvelles mesures fiscales (durcissement de la taxation des voitures de société, fin de la fiscalité verte, loi antiabus, etc.) du gouvernement entraîneront une réduction directe des investissements. "En raison de ces mesures d’ordre budgétaire et de l’insécurité juridique qu’elles ont créée, les investisseurs considèrent la Belgique comme moins attractive qu’avant. Tout ce tralala peut en effet laisser penser que la Belgique est trop taxée et qu’on peut y être vite accusé de frauder Toutefois, Di Rupo a fait ce qu’il devait faire. Mais, maintenant, est arrivé le temps de fonctionner avec plus de stabilité et de penser davantage à la relance économique, en menant un débat sérieux sur les coûts salariaux notamment. C’est le moment de se demander ce qu’on fait pour la compétitivité, pour l’innovation, et de miser davantage sur les points forts des trois Régions."

Au fait, comment se débrouillent la Flandre, la Wallonie et Bruxelles dans l’enquête d’E&Y ? Sans surprise, la Flandre reste de loin la plus attractive pour les investisseurs : 37 % choisissent en effet le nord du pays, contre seulement 10 % pour la Wallonie. La Région bruxelloise est considérée comme la plus attrayante par 28 % des sociétés. "Il y a un autre élément important, ajoute Herwig Joosten. 25 % des sondés ne savent pas dire quelle est la région la plus attractive. Cela veut donc dire qu’il y a tout un travail à faire pour le Fit et l’Awex (les agences flamande et wallonne en charge des exportations et des investissements étrangers, NdlR) pour faire connaître les Régions."

A cet égard, justement, Ernst&Young a mis en évidence dans son baromètre les points forts et les points faibles de chacun. En tout cas, aux yeux des entreprises interrogées. Il peut y avoir, bien sûr, un écart entre la perception des forces et faiblesses économiques et leur réalité. En résumé, la Flandre reçoit des fleurs pour la qualité et la disponibilité de sa main-d’œuvre, pour l’accès à ses infrastructures de transport et pour les moyens qu’elle met à la disposition de la R&D. Quant à la Wallonie, elle sort du lot pour les terrains qu’elle peut affecter aux activités économiques. Par contre, elle reçoit de très mauvais points pour la connaissance des langues et le poids de ses syndicats. Bruxelles, enfin, reçoit un carton rouge pour la congestion de son trafic routier.

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