Di Rupo: "l'Europe politique à 27 est une illusion"

BELGA Publié le - Mis à jour le

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Notre Premier s'est prononcé vendredi pour une intégration européenne plus poussée mais limitée aux 17 pays de la zone euro vu les difficultés à s'entendre aujourd'hui à 27, pointant l'obstruction exercée par la Grande-Bretagne notamment. "Aujourd'hui, parler d'une Europe politique à 27, c'est une illusion", a lancé le chef du gouvernement lors d'un grand discours sur l'Europe - son premier depuis son arrivée au Seize en décembre dernier - prononcé à l'occasion de la séance solennelle de rentrée académique à l'Université libre de Bruxelles.

"Cette illusion engendre des attentes fortes et crée de grandes déceptions, ce qui nourrit un terrible sentiment anti-européen", a-t-il averti. Prenant pour preuve les mesures européennes "trop modestes" et "fort tardives" face à la crise vu les difficultés s'entendre à 27, le Premier ministre a estimé que le projet d'une Europe politique se devait à présent d'être poursuivi par les seuls 17 pays de la zone euro.

A ses yeux, n'offrir comme seule réponse à la crise actuelle que la seule austérité ne sortira pas l'Europe de l'ornière. M. Di Rupo a ainsi rappelé les énormes efforts budgétaires réalisés par l'Irlande, l'Espagne, le Portugal ou l'Italie ces derniers mois, mais sans calmer pour autant les marchés financiers, de plus en plus robotisés. "Les machines ont pris la pouvoir sur les hommes!", a-t-il mis ainsi mis en garde.

Pour relancer son économie aujourd'hui anémique, ce dont l'Europe a besoin, c'est d'un "New Deal européen" sur le modèle de celui élaboré par Franklin Roosevelt avant-guerre, a défendu M. Di Rupo. "L'Europe doit mener une politique industrielle volontariste, en particulier dans les secteurs d'avenir (...) et intensifier l'investissement dans la recherche scientifique et l'innovation", a-t-il plaidé, rappelant la nécessité d'adopter pour ce faire un budget européen pluriannuel ambitieux dans les mois à venir.

Il s'est aussi prononcé pour que la Banque centrale européenne (BCE) devienne "le plus tôt possible" le prêteur en dernier ressort de la zone euro, "comme cela se fait aux Etats-Unis", ainsi qu'en faveur d'une mutualisation "de certaines dettes" des pays de la zone euro. Evoquant la situation nationale, la Belgique, "pour préserver son modèle social", poursuivra l'assainissement de ses finances publiques, malgré les 13 milliards d'économies réalisés en dix mois, a-t-il dit. "Des efforts supplémentaires devront être réalisés, mais ceux-ci devront rester soutenables pour ne pas casser notre machine économique", a-t-il toutefois assuré.

Victime d'un entartage à son arrivée à l'ULB par un jeune militant d'extrême gauche, le chef du gouvernement a dit au cours de son discours comprendre la révolte qui anime une partie de la jeunesse. Il a notamment longuement fustigé le chômage des jeunes qui progresse un peut partout en Europe: "Il n'est pas possible d'imaginer une société en équilibre avec un tiers, voire la moitié de la jeunesse sans emploi", a-t-il ainsi reconnu.

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