Edito: au centre des décisions

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Alors que la sidérurgie liégeoise se débat pour assurer sa survie avec un actionnaire basé à Londres, c’est Ford Genk qui a senti le vent du boulet siffler à son oreille. Quel lien entre les deux dossiers hormis le fait que l’un et l’autre ont de lourdes implications sociales ? Dans un cas comme dans l’autre, le centre de décision est loin du théâtre des opérations. Quel est dès lors le pouvoir de la Wallonie face au leader mondial de l’acier ? Quel est le pouvoir du gouvernement flamand en face du géant automobile de Detroit ? Il est nul. Tout au plus peut-on obliger l’actionnaire à payer le prix fort pour glisser la clé sous le paillasson. Sans plaider pour plus d’interventionnisme, la responsabilité politique doit se manifester plus tôt dans ces dossiers. Il fut un temps où une participation même symbolique de l’Etat (la "golden share") offrait une garantie : celle d’être informé en amont de tout le processus de développement. Mais on parlait alors d’"intérêts stratégiques", comme l’énergie. L’intérêt social n’est-il pas stratégique ? Il ne s’agit pas d’aller contre le sens de l’histoire mais de l’accompagner en anticipant ses aléas. Si la plupart des analystes ont vu venir la menace sur Liège et les risques sur Genk, pourquoi le pouvoir politique se laisse-t-il toujours surprendre ? Ce devrait aussi être le rôle d’un ministre de l’Economie de prévoir les crises et de proposer des solutions avant que le dialogue soit totalement rompu. Certes un conciliateur interviendra vendredi à Liège. Mais n’est-ce pas trop tard ?

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