Edito: constat d’échec

Publié le - Mis à jour le

Actualité

L’optimisme (relatif) qui était de mise au lendemain du sommet européen de juin n’est déjà plus qu’un souvenir. Comme l’an dernier, l’été économique et financier s’annonce chaud, caniculaire même, dans la zone euro. Car sur les marchés, l’heure est au football panique. Les investisseurs prêtent de l’argent à certains Etats - dont la Belgique - à des taux négatifs. Mais c’est moins une marque de confiance envers ces pays qu’un signe de défiance envers les autres : pour se financer, l’Espagne doit ainsi s’acquitter de taux supérieurs à 7 %. Les marchés doutent chaque jour davantage de la survie de la zone euro et agissent en conséquence. A tort ou à raison ?

Force est de constater que tout ce qui a été mis en place jusqu’ici - fonds de secours, nouvelles règles de discipline budgétaire - a échoué à convaincre que l’Europe était en mesure de gérer la situation. L’état du secteur bancaire reste précaire ; le cas grec est tout sauf réglé ; et il est à craindre que la situation espagnole échappe à tout contrôle puis contamine l’Italie. Pire encore : dans ces pays, l’amère potion de l’austérité risque de tuer le patient, d’étouffer toute possibilité de reprise et de nourrir une crise sociale qui va s’aggravant.

Loin d’être contenu, l’incendie repart de plus belle. L’urgence oblige les dirigeants européens à frapper vite, et fort, quitte à briser certains tabous politiques, économiques et monétaires. Les marchés semblent parier sur le fait qu’ils en sont incapables. On ne peut qu’espérer qu’ils leur donneront tort. Avant qu’il ne soit trop tard.

Publicité clickBoxBanner