Edito: le coup du lapin

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On fonde beaucoup d’espoirs sur ce que pourrait annoncer ce jeudi la Banque centrale européenne. Mais il est à craindre qu’on se berce d’illusions : la marge de manœuvre de la Banque est très limitée. Si on croit que la BCE est en mesure de sortir de son chapeau le lapin qui ne fera qu’une bouchée de la crise, on se trompe. La Banque centrale n’est que l’instrument d’un pouvoir politique qui, faute d’unanimité, a la faiblesse de ne pas exister. "Plus de fédéralisme", disait récemment le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders. Cela viendra sans doute un jour mais le fait est qu’il commence à y avoir urgence. La zone euro vient de publier des chiffres sur l’évolution du chômage : 11,2 % alors qu’on s’inquiétait des 8,2 % des Etats-Unis ! Bien sûr, l’Espagne avec un taux de sans-emploi de plus de 25 % a fait déraper la statistique. Mais d’une part le problème espagnol n’est pas réglé et d’autre part, l’impact de cette crise qui prend des allures structurelles, affecte aussi les meilleurs élèves de l’Eurozone. La preuve en est l’évolution du PIB belge. Après une timide reprise de 0,2 % au premier trimestre, la croissance nationale a régressé de 0,6 % à fin juin. Elle est donc négative à -0,4 % pour l’instant. Autant dire qu’arriver à une croissance nulle pour l’ensemble de 2012 relèverait pratiquement de l’exploit ! Et pour cela, il faudrait d’abord faire rebondir l’indice de confiance. La balle est dans le camp de la BCE mais sans l’appui de tous les gouvernements de la zone euro, ce sera un coup pour rien.

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