Édito: le mal français

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Séisme, choc, crime social... Un sentiment prédominait hier en France : la stupéfaction après l’annonce par Peugeot d’un plan de restructuration qui devrait sacrifier 8 000 emplois. On le savait, la période de grâce de François Hollande et de son gouvernement serait de très courte durée. La gauche est confrontée à sa première grande crise sociale. Depuis quelques jours, les plans sociaux se succèdent en effet, ravivant l’hypothèse que ces saignées sur l’emploi avaient été mises entre parenthèses, le temps de la présidentielle.

"désindustrialisation" de la France, couplée à la perte de compétitivité des entreprises. Car Peugeot est finalement la "chronique d’une restructuration annoncée". Il y a plus d’un an, les syndicats tiraient déjà la sonnette d’alarme. Et - au-delà de certaines erreurs de stratégie de la marque au lion - le cocktail marché en surcapacité, chute des ventes en Europe et coûts de production élevés ne pouvait mener qu’à la sortie de route. Violente.

Les pouvoirs publics, la droite de Sarkozy avant l’arrivée au pouvoir de Hollande, ont manqué d’anticipation et de vision pour amortir le choc et adapter la filière automobile française aux réalités économiques d’une Europe en crise et d’un monde où les nouveaux clients se nomment "pays émergents". La gauche va plancher sur un plan de relance pour le secteur. Le volontarisme économique et les recettes du passé ne seront d’aucun effet. La France devra avoir le courage de s’attaquer aux racines du mal et oser affronter certains tabous, engager certaines réformes. Comme l’Allemagne a été capable de le faire. La survie de l’industrie française est à ce prix.

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