Edito : Trop chers mais fiers de l’être

Yves Cavalier Publié le - Mis à jour le

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Caterpillar fait tellement partie du paysage de Gosselies, qu’on avait fini par la confondre avec un enfant du pays. Certes il y a parfois eu des cris et des grincements de dents et même des restructurations. Mais quel couple peut se vanter de n’avoir pas connu des moments difficiles au moment où il célèbre ses noces d’or ?

Dans le contexte actuel, le fait que Caterpillar soit toujours présent à Charleroi après un demi-siècle relève pratiquement de l’exploit. Combien de temps a-t-il fallu à Mittal pour faire le grand nettoyage à Liège ? Pourtant, c’est la même logique capitalistique qui a rattrapé les deux entreprises.

"Nous sommes trop chers", assène le patron de Caterpillar Belgique. "Nous ne sommes pas compétitifs", avait dit Lakshmi Mittal. Le discours est presque le même et pourtant l’accueil est différent.

On est étonné, surpris par le calme avec lequel la nouvelle des 1400 suppressions de postes a été accueillie. Certains parlent de résignation. On préfère parler de dignité. Une dignité qui est aussi le reflet d’un respect mutuel que l’on peut mettre à l’actif des parties en cause à Gosselies. Les relations entre direction et syndicat ont parfois été tendues, voire houleuses, mais la longévité de l’entreprise n’est pas un hasard. La direction belge de Caterpillar s’est efforcée de jouer la transparence avec ses équipes et elle a bénéficié en échange d’une productivité au-dessus de la moyenne.

Cela n’empêche pas que l’impensable finisse par arriver parce que l’Europe ne tient plus ses promesses. Mais cela permettra peut-être aux négociations qui vont suivre, de rendre le traitement plus supportable pour les 50 années à venir.

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