Exit Bombardier, voici Manage Steel Center

CLAIRE BORTOLIN Publié le - Mis à jour le

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Vice-président de Duferco Clabecq et La Louvière, à présent président de Manage Steel Center, Ernesto Salamoni était d'excellente humeur mercredi matin, en commentant le jugement du Tribunal de commerce de Mons mettant fin de façon anticipée au concordat judiciaire de l'usine de La Louvière : «Nous avons beaucoup travaillé pour y arriver; c'est le secret de Duferco. Aujourd'hui, nous sommes une société anonyme comme les autres; nous avons payé toutes les dettes que nous a laissées la société quand nous sommes arrivés. Et si dans les faits, nous travaillions déjà comme si le concordat était terminé, cette nouvelle est très importante pour notre image vis-à-vis des clients, des fournisseurs et des banques.» M. Salamoni a d'autres raisons de se réjouir : petit à petit, Duferco étend son assise en Wallonie, ajoutant une à une les pièces de son puzzle. La dernière en date étant Manage Steel Center, créée le 6 septembre dernier sur les cendres de Bombardier Manage, et dont Duferco vient de reprendre la gestion au début du mois de janvier.

SAUVETAGE IN EXTREMIS

On s'en souvient, il y a près d'un an, à la fin mars 2000, l'annonce par Bombardier de la fermeture de son site de Manage, mettant en péril 400 emplois, avait créé un nouveau cataclysme dans la région du Centre. Quelques semaines plus tard, on annonçait l'intérêt que Duferco portait au site, et l'accord signé entre Duferco, Bombardier et la Région wallonne pour fonder Manage Steel Center (dans lequel Duferco est majoritaire avec 52 pc, tandis que la Région wallonne détient 37 pc et Bombardier 11 pc). Après une période de transition, entre septembre et décembre, pendant laquelle le groupe canadien a continué à gérer l'usine, depuis janvier, elle fait partie intégrante du projet Duferco, sous la direction de Patrick Becker, qui est aussi directeur général de Jemappes Steel Center ...

«Ce n'est pas un hasard», commente Ernesto Salamoni. «Toutes deux font partie d'une stratégie de Duferco de développement de la distribution des produits sidérurgiques.» 60 personnes travaillent actuellement à l'usine de Manage, dont deux halls seulement sont encore occupés : elles continuent à fabriquer des pièces primaires et à faire les opérations de mécano-soudage en sous-traitance pour Bombardier. Le groupe canadien s'est engagé à fournir du travail pendant dix ans à son ancienne unité. Mais le projet de Manage Steel Center repose sur deux autres activités qui l'intégreront totalement dans la filière wallonne de Duferco : le développement d'un centre de services avec deux lignes de déroulage qui auront une capacité de 100.000 tonnes par an (à partir de 2002), et enfin la création de deux lignes de pré-laquage, d'une capacité de 100.000 tonnes également, qui traiteront les bobines galvanisées en provenance de l'usine de La Louvière. Cette troisième activité ne pourra donc être effective qu'après la concrétisation de la ligne de galvanisation à La Louvière, prévue pour 2002.

PANEL DE NOUVEAUX SERVICES

Si la première activité liée à Bombardier reste dans le métier traditionnel de Manage, les deux autres sont totalement nouvelles et nécessiteront donc d'importants investissements, évalués à 1,5 milliard de francs. A terme, ce sont 180 personnes qui devraient réintégrer l'usine. «Ce qui manquait à Duferco Belgique, c'était la possibilité de stocker, de transformer et de vendre plus en avant nos produits et donc de diversifier notre portefeuille de clients.»

C'est désormais en bonne voie, avec le rachat en octobre dernier du groupe français Safef, qui complète l'offre de Manage et Jemappes, site où l'on escompte passer de 100 à 150.000 tonnes en 2003, dans une activité complémentaire et non concurrentielle de ce qui se fera à Manage. Avec 600.000 tonnes distribuées au départ de ces 3 centres de services, ce type de produits devrait à terme constituer de 25 à 30 pc de la gamme Duferco Belgique. De nouvelles portes s'ouvrent à Manage...

© La Libre Belgique 2001

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