Facebook: attendre encore avant d'investir

afp Publié le - Mis à jour le

Actualité Le site internet communautaire Facebook a beau avoir vu son titre chuter presque de moitié depuis son entrée en Bourse il y a onze semaines, certains analystes conseillent d'attendre encore avant de se risquer à y investir. Jeudi l'action s'était rapprochée en séance des 19 dollars qui marqueraient la moitié du cours d'introduction en Bourse le 18 mai, avant de rebondir à la faveur de l'optimisme général du marché vendredi, en clôturant à 21,09 dollars (+5,24%).

Mais dès la mi-août un lot d'actions pourrait être mis en vente, à l'expiration d'une période de 90 jours suivant les débuts boursiers, où des actionnaires avaient l'interdiction de céder leurs titres.

"Je regarde les 268 millions de titres qui vont tomber dans deux semaines. Est-ce qu'il y aura assez d'acheteurs pour absorber cette offre?" se demande Michael Cormeau, du site Minyanville.

Il observe que l'estimation moyenne du marché pour le bénéfice par action annuel de Facebook avait reculé récemment, de 51 à 49 cents. "Habituellement, des estimations en baisse sont un indicateur négatif pour l'action", note-t-il. La semaine dernière Facebook n'est pas parvenu à rassurer le marché avec des résultats sans relief, composés d'un bénéfice trimestriel conforme aux attentes mais assorti d'une croissance du chiffre d'affaires généralement jugée décevante.

En outre, des ombres sont venues s'ajouter au tableau depuis lors, comme l'existence de 83 millions de comptes douteux parmi les 955 millions d'utilisateurs du site.

Chez Global Equities Research, l'analyste Trip Chowdhry, qui jugeait déjà bien avant l'entrée en Bourse que Facebook était largement surévalué, estime que le site est peut-être victime de son succès.

"Tout le monde est sur Facebook, vos parents y sont, vos voisins sont sur Facebook", dit-il. "Alors que font les gens? Ils se fabriquent de fausses identités, et ils vont ailleurs, les gens s'impliquent moins avec Facebook". M. Chowdhry n'est toujours pas acheteur au cours actuel: le niveau actuel de l'action "signifie que la société peut se développer de 80% ou 90% d'une année sur l'autre, ce qui est impossible".

Larry Chiagouris, professeur de marketing à l'université Pace, juge aussi que Facebook "a probablement grandi trop vite sans expliciter sa mission, et du point de vue de la génération de profits, il s'est un peu perdu".

D'autant que les annonceurs, qui peuvent mesurer l'impact de leurs campagnes menées sur Facebook, semblent dubitatifs. "Facebook doit encore prouver qu'il est un bon retour sur investissement", ajoute-t-il.

Mais Lou Kerner, le fondateur du fonds Social Internet Fund, ne renonce toujours pas à l'optimisme, et il est convaincu que Facebook saura rebondir comme le distributeur Amazon l'avait fait il y a dix ans après l'éclatement de la bulle internet.

"La leçon que j'ai apprise avec la dernière bulle c'est qu'il faut distinguer ce que fait le marché des données fondamentales d'une entreprise", dit M. Kerner. Et pour lui, "les fondamentaux de Facebook restent positifs".

L'un des problèmes de la jeune société de Mark Zuckerberg, c'est qu'elle a "trop de clients", surtout sur l'internet mobile, mais elle saura comment en tirer profit, assure-t-il.

"Je crois que c'est devenu une action qui doit faire ses preuves", poursuit M. Kerner. "Dès que Facebook aura montré qu'il peut monétiser ses utilisateurs sur appareils portables de façon substantielle, je crois qu'on verra les investisseurs qui parient sur une baisse du cours décamper, et les acheteurs faire la queue".

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