Facebook en Bourse : 100 jours de galère !

Patrick Van Campenhout Publié le - Mis à jour le

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A la page 137 du prospectus initial (une brique de 200 pages) de Facebook destiné à l’information légale des candidats actionnaires, on retrouve quelques mentions relatives à l’obligation de détention des actions existant avant l’introduction en Bourse du capital de l’entreprise par les principaux actionnaires. On parle d’une obligation de "lock-up" (blocage) qui touche les actions du fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, les détenteurs d’options, celles détenues par des actionnaires ayant vendu des actions lors de l’introduction ainsi que les groupes d’investissements Mail.ru Group Limited et DST Global, et enfin, des directeurs et employés de l’entreprise disposant de titres ou d’options liés à leur rémunération. Est-ce important ? Oui, parce que ces détenteurs d’une part du capital de Facebook pourront céder un peu de ce capital au terme de périodes distinctes, soit 91 jours après l’introduction en Bourse, 181 jours, 211 jours, 18 mois et 2 ans. Ce qui signifie que des montants indéfinis de titres sont susceptibles d’être mis en vente à intervalles définis, et peser ainsi sur les cours de Bourse. Indéfinis, parce que les détenteurs de titres peuvent évidemment les conserver pour bénéficier d’une meilleure évaluation dans le futur. Mais certains d’entre eux pourraient vendre à n’importe quel prix pour faire rentrer des liquidités.

Or, le 16 août - dans quelques jours - on arrivera à la première échéance délicate. Et le risque d’un petit coup de froid sur les cours est dès lors relativement important. On évoque un nombre potentiel de 271 millions d’actions qui pourraient bouleverser un marché déjà malmené dans lequel les 674 millions de titres déjà cotés ne se portent pas très bien.

On sait en effet que l’émission initiale a été suivie d’une prise de conscience (tardive) de certains risques afférents à l’activité du site de contacts sociaux ce qui a causé une chute dramatique du cours du titre. Dramatique ? Le cours qui a atteint les 45 dollars au premier jour de cotation, a ensuite chuté avant de se reprendre puis de rechuter, pour se traiter actuellement à peine au-dessus de 20 dollars. Un cours qui tient notamment compte des risques de diminution du chiffre d’affaires lié à l’utilisation croissante des smartphones pour la consultation des profils sur Facebook. Une tendance gênante pour l’entreprise cotée puisque celle-ci ne disposait pas de moyens de monétiser les visites effectuées par ses membres via leurs portables

Mais en attendant, le chiffre d’affaires grimpe. Mark Zuckerberg est du genre brillant et il est clair que lui et ses équipes carburent depuis le premier jour de cotation afin de trouver les idées de génie qui vont permettre à l’entreprise qui aura bientôt un milliard d’aficionados, de transformer leurs clics en monnaie sonnante et trébuchante Il y a quelques jours, on apprenait que le titre Facebook qui était bien trop cher au moment de son introduction, valorisé comme une entreprise à fort potentiel de croissance à 100 fois les bénéfices sur base du prix d’introduction, a publié entre-temps des résultats en recul, mais se traite sur cette nouvelle base à 75 fois les bénéfices attendus. Soit 4 fois plus cher que des entreprises comme Google ou Apple. Mais le vent tourne lentement et Facebook qui vient de s’ouvrir aux jeux de hasard en ligne (de cette façon on pourra y perdre du temps "et" de l’argent), vient aussi d’ouvrir sa plateforme de développement à la publicité sur mobiles. Il n’est pas trop tard évidemment pour trouver sur ces outils les mécanismes susceptibles de rapporter de petits montants auprès des centaines de millions d’accros aux contacts en ligne. Si vous avez acheté des actions Facebook au plus haut et que vous n’aimez pas perdre, soyez donc patients !

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