Fraude fiscale: la Belgique l'encourage !

Marc Deriez Publié le - Mis à jour le

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Dans son édition de ce jeudi, Paris Match Belgique publie un entretien exclusif de Jean-Claude Delepière, le président de la CTIF (Cellule de traitement des informations financières), l'organe au coeur du dispositif belge de lutte contre le blanchiment d'argent d'origine criminelle et le financement du terrorisme.

 A la faveur de cette interview coup de poing, Jean-Claude Delepière dénonce l'absence de volonté politique d'enrayer le blanchiment et la fraude fiscale grave et organisée : "La lutte est à la traîne". Malgré les scandales financiers internationaux, il observe que, sur le terrain, rien ne change véritablement. Il déplore l'absence de coordination opérationnelle entre les services impliqués dans la lutte contre la délinquance financière.

 "Trop souvent, face à des criminels organisés, chacun travaille dans son coin", dit-il. Il pointe encore l'abus de procédures judiciaires utilisées pour retarder l'instruction des procès comme "une perversion du système". 

Alarmiste, il s'interroge : " Que peuvent encore faire des sections financières moribondes et des enquêteurs démunis et limités à leur arrondissement judiciaire face à des criminels financiers aux moyens considérables, dont le terrain de jeu s'étend à la planète ? C'est comme si la police de la route devait rattraper des Ferrari avec des 2 CV". 

Plus largement, le patron de la CTIF parle d'un "abaissement des garde-fous moraux et légaux qui conduit à l'instauration d'une sorte de consensus autour de la fraude". Il en résulte selon lui "une aubaine pour les mafias".

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