Génération SMS : Jtdr, rdv a la plage ! E vs ecrivez ca cmmt ?

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Si vous avez la chance de disposer d’un smarpthone, vous pouvez aujourd’hui taper vos messages sur un clavier réel ou virtuel sans devoir cliquer trois fois pour obtenir la lettre de votre choix comme sur un GSM "old style". Ce qui signifie en gros que vous pouvez maintenant taper vos SMS sans sacrifier les règles de l’orthographe sur l’autel de la rapidité On peut même dicter ses messages sur les appareils les plus récents. Mais le faites-vous vraiment ? Et vos enfants ? En d’autres termes, le langage SMS abrégé est-il voué à disparaître pour cause d’évolution technologique ? Pour Rachel Panckhurst, "linguiste-informaticienne", enseignante chercheuse à l’Université Paul Valéry Monpellier 3, rien n’est moins sûr. "Pour commencer, je tiens à rectifier une chose : le ‘langage SMS’ n’est pas une langue mais une écriture. D’abord parce que le mode d’écriture abrégée est utile dans la vie de tous les jours, et aussi dans une certaine mesure parce que cette écriture, ce code, implique un effet ‘tribu’. Les enfants, par exemple, pensent que leurs parents ne peuvent pas les comprendre lorsqu’ils communiquent de cette manière. Enfin, en Belgique comme ailleurs, les jeunes optent pour des forfaits ‘SMS illimités’, ce qui favorise ce type d’échanges. On utilise les SMS pour les conversations, ‘en rafales’, pour poser des questions souvent identiques, pour savoir où se trouve l’interlocuteur, en utilisant l’indicatif présent, 30 % de formules écrites d’ouverture de séquences de conversation et 70 % de formules de clôture "

Mais les jeunes ne restent pas toujours jeunes (lol !) ? "Contrairement aux idées reçues, l’utilisation de ce type d’écriture dépasse le cadre générationnel, comme nous l’avons constaté dans les études menées au fil du temps, notamment au travers du projet initié au niveau international depuis 2004 par l’UCL, ‘sms4Science’ dont nous traitons une partie, ‘Sud4science’ qui consiste en la récolte de SMS, leur retraitement et leur analyse."

Est-ce vraiment un langage économique ? "Oui, mais si au départ, l’économie qui a poussé les utilisateurs à abréger les mots était liée à la longueur maximale d’un SMS, soit 164 caractères, on constate au fil du temps que les messages envoyés sont bien plus courts que cela : selon notre dernier panel, 66,4 caractères en moyenne par SMS avec espaces et 13,45 mots par SMS. Mais le taux d’abréviation qui est observé par les chercheurs depuis 2004, toujours à l’UCL, évolue : en 2004 en Belgique, il était de 9,5 % et en 2009, on a relevé des taux de 14,6 à 17,5 %."

Ici, on parle du français. Mais l’écriture SMS est-elle multilingue ? "On n’a pas encore rassemblé suffisamment de données relatives à l’ensemble des langues, mais a contrario, on sait que certains dialectes africains pour lesquels il n’existait pas d’écriture connue ont franchi le cap de l’expression écrite via les SMS ! Et puis, il existe des tas de variantes, notamment en arabe où certains caractères sont utilisés comme une expression graphique, le ‘3’ notamment."

Les parents et les profs sont quelques fois horrifiés par ce qui leur semble être une écriture truffée de fautes d’orthographe : n’y a-t-il pas là un risque pour les jeunes ? "Il y a de toute manière un déclin orthographique mais je ne suis pas sûre que ce soit lié aux SMS. Certains chercheurs estiment même le contraire puisque cette pratique de conversation écrite est une forme d’exercice d’écriture. Et puis, on constate que les jeunes adaptent leur orthographe et leur écriture en fonction des personnes contactées, les parents, les profs. Et aussi que certains adolescents - au-delà de 15 ans - considèrent que l’écriture SMS est un peu ringarde. Evidemment il y a un risque de perturbation pour les très jeunes utilisateurs qui prennent des habitudes avant d’avoir intégré les règles de base de la grammaire et de l’orthographe. Mais à cet égard, j’aurais plutôt un sentiment positif", explique encore Rachel Panckhurst.

Et puis, si votre enfant/ado/copain vous perturbe(nt) avec des SMS incompréhensibles , 1 : posez-vous des questions sur votre santé mentale ! 2 : utilisez un traducteur Internet comme celui proposé par www.traducteur-sms.com. Et si vous voulez communiquer "comme eux" sans passer pour un ringard qui ne connaît "même pas" les bases de l’écriture efficace du moment, il existe aussi des "texteurs" ou "SMSseurs" mais qui sont souvent moins convaincants. Une démo pas mal est disponible sur le site http://rali.iro.umontreal.ca/rali/?q=fr/texto4science (en validant l’option "belge").

Patrick Van Campenhout

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