Grève confirmée pour samedi

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La grève générale, nationale donc, ce samedi dans les magasins intégrés du groupe Carrefour était entendue dès midi, hier, et a été officiellement décrétée dans l’après-midi. Les 56 hypermarchés et les 61 supermarchés que le groupe français détient en propre seront fermés. Mais pas le réseau franchisé, tiennent à indiquer les gérants indépendants, qui représente le gros de la couverture géographique, 42 % du chiffre d’affaires du groupe Carrefour en Belgique et 9,7 % du chiffre d’affaires total de la distribution alimentaire. Soit 483 magasins, principalement des supermarchés Carrefour GB et la totalité des Carrefour Express. Un point que les syndicats mettent au conditionnel, n’excluant pas que "des magasins franchisés subissent également des perturbations".

La grève, annoncée en front commun syndical CNE-Setca-CGSLB est un "message clair adressé à la direction" et "montre que les salariés rejettent le plan" annoncé mardi. Ce plan, qualifié "de sauvetage" par Carrefour et "de restructuration" par les syndicats, prévoit de fermer 14 hypermarchés et 7 supermarchés "structurellement en perte" (16 en Flandre, 5 en Wallonie, à Eupen, Jumet, Haine-Saint-Pierre, Casteau et Mouscron) conduisant au licenciement de 1 672 personnes, de franchiser 7 magasins et d’en céder 20 autres (à Mesdagh, à un autre distributeur, voire à un franchisé). Les salariés "épargnés" devront en outre accepter un gel des salaires, ainsi qu’une diminution de certains avantages.

Jeudi, une trentaine de magasins Carrefour étaient fermés ou tournaient au ralenti. Dans un communiqué, la CNE a précisé qu’elle couvrait également "tous les mouvements spontanés des travailleurs de Carrefour des derniers jours" de même que ceux qui se déclareront ce vendredi.

La régionale carolorégienne du syndicat socialiste Setca a d’ores et déjà prévenu que les hypermarchés de Bomerée, Jumet et Gosselies seront fermés. Celle-ci estime, en outre, que les chiffres des licenciements annoncés par Carrefour sont "largement sous-estimés". "Nous avons analysé une partie de la présentation réalisée par la direction, explique Alain Goelens, secrétaire permanent. Pour les 14 hypermarchés, la direction de Carrefour compte 1 352 suppressions d’emploi. Or, lorsque nous faisons le calcul sur base du payroll (registre des salaires, NdlR) de décembre 2009, nous arrivons à 1 755 personnes, rien que pour les contrats à durée indéterminée. Soit un écart de 400 personnes."

La CGSLB a également exprimé des doutes sérieux sur ledit plan de sauvetage. "Aucune des mesures envisagées n’offre des garanties quant à une relance commerciale ou ne donne des indications sur un changement de mentalité de la direction actuelle. Rien ne porte à croire qu’on ne répétera pas les erreurs du passé", indique le syndicat libéral dans un communiqué. Le fait que Carrefour perde des parts de marché depuis 2002 n’est pas dû à un fossé salarial par rapport à la concurrence, insiste-t-il, "mais bien au manque de connaissance des besoins spécifiques des consommateurs belges". "La mentalité française ne s’est pas imposée chez nous", estime la CGSLB, jugeant que Carrefour "est surtout la victime d’un manque de continuité". Elle redoute encore que le plan de sauvetage de Carrefour ait pour but "de faire place nette avant de procéder à une vente définitive éventuelle des magasins en Belgique" et déclare dès lors ne faire "aucune confiance aux propositions de la direction". Le syndicat appelle à la mise en place d’un "bon plan social comprenant des conditions de salaire et de travail équitables pour le personnel de Carrefour".

Un conseil d’entreprise est, en tous les cas, prévu le 3 mars dans le cadre de la phase d’information et de consultation.

La CNE signale par ailleurs l’existence d’une pétition en ligne visant à soutenir les travailleurs de Carrefour, pétition qui circule également en format papier sur les sites des magasins.C.M. (avec Belga et AFP)

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