KBC en perte et moins grand

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Johan Thijs, le nouveau CEO de KBC, a eu la tâche ingrate d’annoncer mardi une perte nette consolidée de 539 millions d’euros au deuxième trimestre contre un bénéfice de 333 millions un an plus tôt. Lourde perte qui s’explique essentiellement par une provision de 1,2 milliard d’euros consécutive au programme de désinvestissement (avec moins-values) de différents actifs dont la filiale russe Absolut Bank. Autre élément négatif : la filiale irlandaise qui continue à souffrir de l’éclatement de la bulle immobilière. Johan Thijs a confirmé que les provisions sur l’Irlande pour l’ensemble de l’année tourneraient autour de 500 à 600 millions d’euros (dont 136 millions pour le second trimestre).

Mais malgré la perte trimestrielle, Johan Thijs a voulu envoyer un message plutôt rassurant sur la santé du groupe. "On a réduit le risque" , a-t-il expliqué d’emblée. De fait, le portefeuille des obligations des pays du Sud de la zone euro a encore été réduit de 50 % pour revenir à 2,5 milliards dont 1,4 milliard d’euros pour le papier souverain italien.

M. Thijs a aussi souligné la bonne tenue des résultats sous-jacents (372 millions d’euros) "au-dessus des prévisions des analystes" et la plus-value (qui influencera les résultats au troisième trimestre) sur la vente de l’assureur polonais Warta (300 millions d’euros). "On a pu renforcer nos positions en termes de liquidités", a-t-il également expliqué. Les besoins pour 2012 sont entièrement couverts et la nouvelle législation sur les "covered bonds" (qui permettra aux banques de se financer en émettant des obligations garanties) devrait faciliter les financements pour 2013.

Autre point : le groupe confirme son intention de rembourser les aides publiques (l’Etat fédéral et de la Région flamande ont apporté 7 milliards d’euros en 2008-2009). Comme prévu, il remboursera 4,7 milliards d’euros pour fin 2013 (dont une grande partie en 2012) sachant que 500 millions ont déjà été rendus en janvier dernier. Pour cela, il table sur un bénéfice de 2,3 milliards d’euros à l’horizon 2013. Et confirme qu’il n’y aura pas de dividende pour 2013.

Sur la forte exposition de KBC en Europe centrale et de l’Est (y compris en termes d’obligations souveraines), le directeur financier, Luc Popelier, s’est montré rassurant et juge les éventuelles moins-values très limitées.

Bertrand Veraghaenne, chef économiste à la Banque Transatlantique Belgium se dit "frappé" par "la forte réduction" de la taille du bilan de KBC. Réduction qui a pour effet de diminuer la marge d’intérêts actuelle et le potentiel de bénéfice à moyen et long termes. Il estime par ailleurs KBC "trop exposé" sur la dette souveraine belge (environ 25 milliards d’euros) sur un total de 50 milliards.

Les chiffres publiés hier n’ont pas eu un effet positif sur l’action KBC qui a clôturé en baisse de 0,63 % à 18 euros en Bourse de Bruxelles.

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