L'actionnariat d'ABN Amro se rebiffe

Ph.G. (avec AFP et Belga) Publié le - Mis à jour le

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Vous pouvez examiner mes comptes mais dans ce cas, vous ne pourrez pas faire d'offre d'acquisition sans mon accord pendant un an. C'est, en substance, ce qu'ABN Amro a déclaré hier aux trois banques qui souhaitent s'approprier et se partager les actifs du groupe néerlandais.

A cette fin, le trio, composé de Royal Bank of Scotland (RBS), Fortis et Banco Santander Central Hispano (BSCH), avait demandé de pouvoir accéder aux informations qu'ABN Amro avait déjà fournies à Barclays. Pour rappel, le groupe néerlandais et la banque britannique avaient mené des négociations exclusives entre le 18 mars et le 20 avril.

Mercredi soir, ABN Amro avait répondu favorablement à la requête du consortium, permettant ainsi aux trois banques d'accéder à ses comptes. Mais hier, RBS, Fortis et BSCH ont précisé qu'ABN Amro subordonnait la lecture de ses livres de comptes à une condition. Selon cette clause, le consortium ne pourrait faire une offre sur la banque néerlandaise qu'avec son accord écrit et ce, pendant une période d'un an.

Quatre AG et un agacement

Les trois banques "ont demandé à ABN Amro de supprimer cette clause suspensive", ont-elles indiqué dans un communiqué commun. On ignore encore si le groupe néerlandais compte donner suite à cette requête.

Il faut dire que la direction d'ABN Amro a eu d'autres chats à fouetter, hier. L'assemblée générale (AG) des actionnaires de la banque, qui se tenait à La Haye, s'est avérée particulièrement houleuse. Le patron d'ABN Amro, Rijkman Groenink a fait face à une assistance hostile, défendant le rapprochement du groupe néerlandais avec Barclays. Mais il a refusé de discuter de points qui n'étaient pas à l'ordre du jour, comme l'offre du consortium RBS-Fortis-BSCH ou encore la vente prévue de la filiale LaSalle à Bank of America, opération qui pourrait inciter RBS à renoncer à son offre sur ABN. De quoi agacer de nombreux participants à l'AG. Une association d'actionnaires a menacé d'aller en justice à propos de la vente de LaSalle. La direction d'ABN Amro, elle, a prévenu qu'elle ne soumettrait les offres d'acquisition au vote des actionnaires qu'en août. Lors de l'assemblée générale, les actionnaires ont adopté une motion du fonds spéculatif TCI réclamant son démantèlement, sa vente ou sa fusion "afin de créer un maximum de valeur pour les actionnaires".

De l'autre côté de la mer du nord, une deuxième assemblée a retenu l'attention hier : celle des actionnaires de Barclays. Son président, John Varley, a défendu l'offre sur ABN Amro, insistant sur l'objectif de créer un groupe international alors que l'offre du consortium aboutirait au démantèlement d'ABN Amro.

Par ailleurs, le groupe belge KBC, qui a lui aussi réuni ses actionnaires hier, a réaffirmé son indépendance face aux secousses qui affectent le secteur financier. "La KBC ne mène aucune discussion et n'a pas l'intention dans un futur proche de chercher un autre acteur du secteur en Europe", a déclaré André Bergen, le patron de KBC, à l'issue de l'AG.

Reste une assemblée générale que beaucoup attendent impatiemment : celle du groupe Fortis. Ce sera pour le 23 mai...

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