L’autre grand projet liégeois

Bruno Boutsen Publié le - Mis à jour le

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En évoquant l’année 2009 à venir, le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer (PS), parlait d’"une année exceptionnelle", faisant notamment référence aux grandes inaugurations prévues en Cité ardente. De ce point de vue, l’année désormais en cours l’est très certainement puisqu’un mois tout juste après que la nouvelle gare TGV de Liège a été inaugurée, c’est au tour de la Médiacité, autre projet architectural et économique d’envergure, de se dévoiler au public.

Et le moins que l’on puisse écrire est que, comme ce fut le cas pour la gare des Guillemins, la Médiacité est un projet qui ne date pas d’hier et qui a considérablement évolué. A l’origine, il y a déjà près de quinze ans, il était ainsi question, dans le chef des promoteurs, d’une "Cité des médias et de l’audiovisuel". Et c’est en 1995 que l’idée de créer au sein du quartier délaissé du Longdoz, situé le long de la rive droite de la Meuse, un méga complexe commercial et de loisirs a été présentée à la Ville de Liège, laquelle s’est rapidement montrée séduite, par le promoteur Wilhelm&Co.

Initialement, il était pourtant prévu que le site des anciens laminoirs du Longdoz serve d’espace de stockage à destination d’Interbrew. Mais ce dernier n’étant finalement plus intéressé, le promoteur s’est donc mis à chercher une autre affectation pour ce site de quelque 4,5 hectares. Et c’est alors, mis sous pression par Interbrew qui avait l’intention de s’en débarrasser, que ce vaste terrain a été racheté par ledit promoteur. Lequel a dû procéder, sur fonds propres, à un important travail de dépollution et de réhabilitation de cet ancien site industriel, ce qui n’était pas prévu dans le projet initial et ce qui a beaucoup retardé l’état d’avancement du projet de la Médiacité.

Un avant-projet de cet aménagement urbanistique hors normes, lequel a par ailleurs bénéficié d’un audacieux geste architectural signé par le designer israélien Ron Arad, a été présenté aux autorités communales en 2003. Le projet a ensuite suivi son cours, soutenu tant par la Ville de Liège que par les riverains et les commerçants du Longdoz, lesquels se montrent plutôt satisfaits - avec un bémol important concernant l’aspect mobilité - de l’installation d’un tel complexe. Un avis pas vraiment partagé par les responsables des centres commerciaux des alentours, dont celui tout proche de Belle-Île, pour qui le pôle commercial de la Médiacité fait figure de concurrent.

A un projet tournant le dos au quartier, les promoteurs ont préféré une intégration dans celui-ci, associant l’ancienne galerie commerçante du Longdoz qui a été rénovée. Au total, sur un espace de 6,5 hectares allant de cette dernière à la Meuse, ce ne sont pas moins de 160000 m2 d’activités économiques, commerciales et de loisirs qui composent ce vaste "serpent" de verre et d’acier que constitue la Médiacité. Le pôle commercial, qui est sans conteste le plus important, doit occuper une surface de plus de 60000 m2 et rassembler pas moins de 126 enseignes, dont plusieurs inédites en Belgique (comme Primark, qui occupera à lui seul 5000 m2), en Wallonie (avec notamment Saturn) et aussi en région liégeoise. Pour ce qui est des autres pôles, dont le fameux "Pôle image" qui réunit depuis 2007, sur une surface de 25000 m2, une série d’entreprises spécialisées dans le secteur de l’audiovisuel, l’état d’avancement diffère si bien que ce qui sera inauguré le 21 octobre prochain, c’est bel et bien un grand ensemble commercial qui aura coûté plus de 300 millions d’euros. Et qui doit créer quelque 1200 emplois, attirer de 7 à 8 millions de visiteurs par an et constituer, tant avec le futur centre d’art prévu sur l’îlot de la Boverie et la nouvelle gare TGV, un axe liégeois dit de la modernité ou encore du 21e siècle.

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