L’Opep pourrait relever sa production

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L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) va réfléchir à un relèvement de sa production la semaine prochaine, ce qui serait inédit depuis 2007, pour endiguer la hausse des prix et alléger le fardeau qu’elle constitue pour la croissance mondiale. L’Opep en discutera lors de sa réunion ministérielle à Vienne le 8 juin, a indiqué jeudi un délégué du cartel, confirmant une information rapportée la veille par la revue spécialisée "Energy Intelligence". Il a ajouté que le débat porterait sur l’éventualité d’une hausse qui se situerait entre 500 000 et 1,5 million de barils par jour (bpj). "Je pense qu’ils s’entendront sur un compromis à un million de bpj. Cela aurait un effet apaisant sur les cours", a-t-il ajouté. Il a précisé qu’un tel relèvement ne correspondrait en réalité qu’à une faible hausse de la production, car il prendrait en compte en partie le fait que certains membres extraient déjà plus que leur quota.

Relever les objectifs officiels de production confronterait l’Opep à des problèmes concrets au-delà du risque de surproduction. L’Arabie saoudite dispose des plus grandes réserves et assumerait donc l’essentiel d’un relèvement. Selon "Energy Intelligence", l’Opep souhaite apparemment compenser la forte baisse des exportations libyennes et limiter la flambée des cours, qui restent au-dessus des 100 dollars même s’ils ont perdu environ dix dollars par rapport au pic du mois dernier. Le Brent se traitait à 114,90 dollars le baril en matinée jeudi et le WTI à 100,42 dollars.

La fourchette de négociation de 500 000 à 1,5 million de barils était déjà évoquée par un membre de l’Opep cité par "Energy Intelligence". Cette source anonyme précisait qu’un relèvement correspondant au haut de cette fourchette ne serait sans doute pas du goût de l’Iran, de la Libye ni du Venezuela. La Libye, dont les capacités de production et d’exportation ont chuté du fait de la guerre civile, refuserait ainsi probablement que son quota soit réparti entre les autres producteurs. Un autre délégué a estimé qu’un changement formel serait inutile et qu’il valait mieux se contenter de contourner les quotas. "Pourquoi s’en soucier ? Chacun pompe déjà ce qu’il veut et en tire l’argent qu’il souhaite, et même plus encore", a-t-il dit. La production actuelle des douze membres de l’Opep est de 29 millions de bpj. Onze de ces pays sont astreints à des quotas fixés en 2008, qu’ils dépassent déjà de 1,5 million de bpj, ce qui serait un autre argument en faveur du statu quo. (Reuters)

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