La BCE abaisse son taux directeur au plus bas historique

AFP Publié le - Mis à jour le

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La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé jeudi son taux d'intérêt directeur à 0,75%, une décision largement attendue et qui porte ce taux à son niveau le plus bas historique, a annoncé un porte-parole. Ce taux était revenu en décembre 2011 à son précédent plus bas, de 1%.

En baissant son taux, l'institution veut ouvrir les vannes du crédit et par ricochet soutenir l'économie en zone euro, sur fond de crise de la dette et alors que plusieurs pays de la région sont en récession et les perspectives sombres pour les autres.

Plusieurs membres du directoire de l'institution avaient entrouvert la porte à une telle démarche ces dernières semaines, et elle était largement anticipée par les analystes.

Le relâchement des pressions inflationnistes en zone euro ces derniers temps accréditait l'hypothèse d'une baisse des taux, la gardienne de la monnaie unique n'ayant pas à craindre de poussée des prix en relâchant les conditions du crédit.

La BCE a également abaissé d'un quart de point ses deux autres taux directeurs, à savoir le taux de dépôt au jour le jour, qui est désormais de 0% contre 0,25% précédemment, ainsi que son taux de prêt marginal, passé à 1,50% contre 1,75% auparavant.

Draghi: la faiblesse du crédit imputable aussi à une demande faible

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a imputé la faible activité de crédit constatée en zone euro en partie à une demande contenue de la part des entreprises et ménages, suggérant que son institution ne pouvait pas à elle seule relancer l'économie.

La BCE a prêté au total environ 1.000 milliards d'euros aux banques de la zone euro lors de deux opérations à trois ans dites LTRO à des conditions avantageuses en décembre et en février. Mais "plusieurs mois ont passé et nous voyons que les flux de crédit demeurent faibles", a été forcé de constater M. Draghi. "C'est la demande qui dicte le crédit, et si la demande est faible vous ne pouvez pas vous attendre à une forte hausse du crédit", a-t-il avancé comme explication, laissant entendre que la BCE à elle seule ne pouvait relancer le financement de l'économie réelle.

Les décisions des entrepreneurs sont "des décisions dictées par l'état de leurs activités", a-t-il encore dit.

En outre, les opérations de LTRO ne se sont attaquées qu'à une des trois causes qui peuvent expliquer la réticence des banques à prêter, à savoir le manque de liquidités. La BCE ne peut rien faire contre les deux autres, l'aversion au risque et la faible capitalisation des établissements de crédit, a dit M. Draghi.

Mais il a estimé que son institution avait fait tout ce qui était en son pouvoir, notamment en assouplissant ses exigences de collatéraux, ces garanties que les banques doivent fournir à la BCE quand elles lui empruntent de l'argent. Les prêts consentis aux entreprises et ménages sont maintenant acceptés comme collatéraux, ce qui signifie que les banques ont tout intérêt à en accorder, a souligné M. Draghi.

Il a ajouté que la situation du crédit était contrastée selon les pays de la zone euro, et cité l'exemple de la France, où les flux de crédit se maintenaient à un niveau appréciable, tandis que dans d'autres, "ils diminuent". "Le mécanisme de transmission (des mesures prises) est aussi lié à des facteurs nationaux", a-t-il ajouté.

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