La Belgique emprunte pour la 1ère fois à des taux négatifs

BELGA, AFP Publié le - Mis à jour le

Actualité La Belgique a émis mardi pour plus de trois milliards d'euros d'obligations à court terme, dont 1,5 milliard d'euros à des taux négatifs, une première, a annoncé mardi l'Agence de la Dette.

Notre pays a levé 1,525 milliard d'euros via des obligations à trois mois assorties d'un taux moyen de -0,016%.

Elle rejoint ainsi un club de pays européens, comme l'Allemagne, la France, les Pays-Bas ou le Danemark, qui ont récemment emprunté sur les marchés à des taux négatifs. Le Fonds de soutien de la zone euro (FESF) a lui aussi emprunté mardi dans de telles conditions.

Cela signifie que les investisseurs acceptent de payer pour prêter de l'argent à ces Etats. Cette configuration exceptionnelle traduit l'extrême nervosité des investisseurs face aux difficultés de l'Espagne et de l'Italie plutôt qu'une confiance accrue envers la dette belge ou française. "Evidemment, des taux plus bas, voire même des taux négatifs, sont intéressants. Plus les intérêts que le gouvernement doit payer sont bas, plus la situation des finances publiques s'améliore", explique Philippe Ledent, économiste chez ING, contacté par l'agence Belga.

La Belgique est en effet plombée par une dette représentant plus de 100% du Produit intérieur brut (PIB), affirme mardi le quotidien flamand De Tijd.

La dette a augmenté au premier trimestre de 15,6 milliards d'euros, pour atteindre 377,3 milliards d'euros. Résultat, le niveau de la dette publique a grimpé à 101,8% du PIB, contre 98,2% à la fin de l'année dernière. Des pays comme l'Italie, la Grèce, l'Irlande et le Portugal sont dans le même cas.

"Le plus important, c'est que la Belgique est maintenant considérée comme un pays du cœur de la zone euro", à l'instar de l'Allemagne, des Pays-Bas, de la Finlande et de la France, poursuit l'économiste.

"Les marchés financiers se rendent compte que la situation économique dans notre pays n'est pas parfaite mais reste l'une des meilleures en comparaison avec d'autres pays. Nous savions ainsi depuis longtemps que le taux d'épargne des Belges est élevé. Désormais, cela est également perçu par les marchés."

Selon l'économiste, la situation plus favorable dont jouit la Belgique sur les marchés financiers n'exonère pas notre pays de la nécessité de poursuivre les mesures de consolidation budgétaire et de soutien à la croissance. Entre-temps, le taux belge à 10 ans continuait à fondre pour atteindre 2,463% mardi à la mi-journée.

La dette publique au-dessus de 100%

L'Etat belge a pour la première fois depuis 2004 plus de dettes que la totalité des revenus annuels de l'ensemble des Belges, affirme mardi De Tijd. La dette a augmenté au premier trimestre de 15,6 milliards d'euros, pour atteindre 377,3 milliards d'euros.

Le produit intérieur brut (PIB) sur base annuelle a pour sa part seulement augmenté de 2,3 milliards d'euros, à 370,6 milliards d'euros. Dès lors, le niveau de la dette publique a grimpé à 101,8% du PIB, contre 98,2% à la fin de l'année dernière.

La croissance de la dette n'est pas seulement due au déficit budgétaire mais aussi aux prêts accordés par la Belgique à des pays européens en difficultés.

La Belgique est le cinquième pays européen à afficher une dette publique plus importante que le PIB. L'Italie, la Grèce, l'Irlande et le Portugal sont confrontés au même constat.

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