La Belgique N°1 de l’impôt sur le travail

Ch. Ly. Publié le - Mis à jour le

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Le Liégeois Gustave de Molinari, chantre du libre-échange, doit se retourner dans sa tombe : pour la deuxième année consécutive, la Belgique est le pays de l’UE qui taxe le plus les travailleurs et leurs employeurs.

Ce dimanche 5 août, le travailleur belge aura théoriquement terminé de payer ses impôts et pourra enfin engranger des bénéfices, bien plus tard qu’en France (depuis le 26 juillet) et qu’en Allemagne (depuis le 16 juillet), selon les calculs faits par deux instituts libéraux, dont l’un, l’Institut économique Molinari (IEM), s’inspire des travaux de l’ancien journaliste économique liégeois.

En 2010, la Hongrie occupait la première place du classement, mais depuis l’introduction d’un taux forfaitaire de 16 % au 1er janvier 2011, l’imposition hongroise a fortement baissé.

En additionnant les contributions à la sécurité sociale et la TVA, les deux think-tanks estiment qu’"un employeur à Bruxelles dépense 2,45 euros pour mettre un euro dans la poche d’un travailleur - soit un vrai taux d’imposition de 59,2 %".

Les auteurs de l’étude incluent la TVA dans le calcul parce qu’ "appliquée aux vêtements, à la nourriture, au savon, au téléphone, c’est une taxe qu’aucun travailleur ne peut éviter", nous dit James Rogers. "Il y a bien d’autres taxes que nous n’incluons pas, comme le tabac ou l’essence, car les gens ont le choix de les acheter ou non. En achetant un paquet de cigarettes tous les jours, un fumeur choisit de payer 1 300 euros de taxes au gouvernement belge - un montant qu’il atteindra après 8 ou 9 jours de travail, à salaire moyen."

Ces calculs ne plaisent pas à tous les économistes, et notamment à Etienne de Callataÿ, économiste en chef à la Banque Degroof. "Ce genre d’études me sort par les pores de la peau", dit-il. "Il présente l’Etat comme un monstre qui se nourrit de votre argent. L’impôt n’est pas de l’argent perdu. Il sert à payer notre sécurité sociale, nos bourses d’études, etc.". M. De Callataÿ reconnaît que l’impôt sur le travail est bien trop élevé en Belgique mais plaide pour d’autres fiscalités, sur la consommation et sur les polluants, comme le gaz, le mazout et l’essence.

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