La Grèce prépare une coalition à trois partis pour affronter ses créanciers

AFP Publié le - Mis à jour le

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La Grèce semblait sur le point mardi soir de constituer un gouvernement de coalition comportant trois partis, dont la tâche sera de renégocier et tenter d'assouplir les conditions du prêt consenti au pays par les pays européens et le FMI, tout en garantissant son maintien dans l'euro.

Un gouvernement de coalition est possible d'ici "mercredi à la mi-journée", a estimé mardi soir le dirigeant socialiste Evangélos Vénizélos en marge d'une réunion entre responsables politiques.

Depuis les élections législatives remportées dimanche par la Nouvelle Démocratie (droite) mais sans majorité, trois partis tentent de se mettre d'accord sur le nom du futur Premier ministre, mais surtout sur une plate-forme politique commune devant servir de base aux négociations de la Grèce face au trio de ses créanciers UE, BCE, et FMI.

M. Vénizélos a d'ailleurs surnommé ce futur exécutif "équipe de négociation nationale", qui devra, selon lui, "essayer de mener la meilleure renégociation possible de l'accord de prêt". "Nous allons mobiliser tous nos contacts internationaux et toute notre expérience" a-t-il dit.

Assouplir le memorandum Sans le dire, la déclaration de M. Vénizélos sous-entend qu'un accord politique est intervenu dans la journée entre la Nouvelle Démocratie, le Pasok socialiste et un petit parti de gauche démocratique qui est devenu pivot de la vie politique nationale depuis dimanche avec ses 16 députés.

L'objectif est d'achever la constitution de ce gouvernement à temps pour une réunion de l'Eurogroupe qui doit examiner jeudi les moyens de maintenir la perfusion financière au pays.

Au coeur des tractations, la plate-forme politique commune doit servir de base pour négocier et assouplir le "mémorandum" très rigide de mesures imposé au pays, qui a conduit à un abaissement brutal du niveau de vie des Grecs.

Privée de l'arme de la dévaluation en raison de son appartenance à l'euro, la Grèce en crise a en effet été contrainte par ses créanciers de lancer une sorte de "dévaluation intérieure" pour faire baisser ses coûts de production. Mais, axée sur les baisses de salaires et combinée à une rafale d'impôts, l'opération a surtout réussi jusqu'à présent à amplifier la récession et la désespérance sociale sans qu'aucun signe de reprise ne se manifeste.

Le pays qui n'est pas non plus parvenu à mettre en oeuvre les réformes structurelles et les privatisations demandées par les créanciers traverse sa cinquième année consécutive de récession avec une baisse globale du PIB de 14%. Baisse des impôts?

Pour alléger la pression, le dirigeant de la Nouvelle Démocratie Antonis Samaras plaidait surtout jusqu'à présent pour des abaissements de taxation afin que l'activité des entreprises, asphyxiée par la crise, puisse repartir. A gauche, l'accent était plutôt mis sur un retour à la régulation du marché du travail, et le soutien aux salaires.

Ces mesures s'inscriraient de toutes façons dans la recherche d'un compromis plus global avec les Européens et le FMI. A en croire les engagements pré-électoraux, la future équipe se prépare à demander un report jusqu'en 2016 au lieu de 2014 pour réaliser l'assainissement budgétaire demandé à la Grèce. Pour M. Samaras, tout comme pour M. Vénizélos, il est essentiel de convaincre le Dimar de participer au gouvernement pour éviter la répétition du couple désavoué précédent et apporter une caution de gauche au nouvel exécutif.

Pendant les tractations byzantines à Athènes, le patron de l'Eurogroupe, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker a versé un peu d'eau froide sur les ambitions grecques en déclarant qu'il n'y aurait pas de changements profonds dans le programme de réformes demandées à la Grèce, évoquant au mieux un décalage dans le temps, dans un entretien mardi à la radio publique autrichienne 01.

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