Le bonheur est-il mesurable ?

P.Lo Publié le - Mis à jour le

Actualité

Les idées novatrices avancent parfois plus vite qu’on ne pense. Des experts internationaux, actifs dans des domaines aussi divers que l’environnement, le développement, l’entreprise et les questions sociales, sont réunis jusqu’au 30 octobre à Séoul pour étudier les moyens de mesurer le bonheur des habitants et de ne plus prendre en compte seulement le résultat économique de chaque pays. Plus précisément, l’idée est que, pour mesurer les progrès et les échecs de nos sociétés, il est nécessaire de disposer d’une palette beaucoup plus large de mesures que les indicateurs économiques traditionnels. Dans le sillage des recommandations du récent G20, ce forum organisé par l’OCDE et qui s’est ouvert mardi va étudier, comme on le dit parfois, les moyens "d’aller au-delà du PIB" (Produit Intérieur Brut).

"La crise économique a révélé le fossé croissant entre les statistiques officielles et la perception par les gens de leur niveau de vie", déclare Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE. Le Forum mondial de l’OCDE, intitulé "Statistiques, connaissances et politiques : définir le progrès, bâtir une vision, améliorer la vie", est une réponse concrète à l’invitation lancée par les dirigeants du G20 à l’occasion de leur sommet de Pittsburgh de septembre dernier. Celui-ci s’est dit partisan de méthodes de mesure "prenant mieux en compte les dimensions économiques et sociales du développement économique".

Le Forum s’attache à promouvoir les recommandations d’une commission d’experts internationaux réunie à l’initiative du président français, Nicolas Sarkozy, et présidée par l’économiste américain, Prix Nobel, Joseph Stiglitz, qui est présent au Forum de Busan.

Cette commission préconise un changement d’orientation dans la façon de mesurer la performance économique et le progrès social. Selon ses représentants, il s’agit de passer d’un système d’indicateurs fondés sur la production à des indicateurs basés sur le bien-être des individus.

Parmi les autres personnalités qui interviendront lors du Forum, figurent Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE; Danilo Türk, président de la République de Slovénie; Steve Killelea, créateur du Global Peace Index; Jenny Klugman, directrice du Bureau du rapport mondial sur le développement humain au PNUD; Lord Richard Layard, London School of Economics, etc.

Les sessions couvrent un large éventail de thèmes : de l’inégalité au développement urbain; du changement climatique au bien-être. Un certain nombre d’organisations internationales présentent des plans spécifiques visant à l’amélioration du développement et de la diffusion des indicateurs sociaux, économiques et environnementaux.

Organisé en coopération avec la Commission européenne, l’Organisation de la Conférence islamique, les Nations unies, la Banque mondiale et en partenariat avec le Service d’Informations Statistiques Coréen (KOSTAT), le Forum mondial de Busan s’inscrit dans le cadre du projet de l’OCDE "Mesurer le progrès des sociétés ". L’objectif est d’examiner le rôle central que des indicateurs clés peuvent jouer dans le renforcement de la démocratie et de l’efficacité de l’élaboration des politiques publiques. Deux précédents forums se sont tenus sur ce thème à Palerme, en 2004, et à Istanbul, en 2007.

L’idée d’aller "au-delà de la mesure du PIB" a été mise en application pour la première fois dans les années 1970 par le petit royaume bouddhiste de l’Himalaya, coincé entre l’Inde et la Chine, dont le roi avait promu une philosophie économique fondée sur le "bonheur national brut" plutôt que sur le produit intérieur brut.

Publicité clickBoxBanner