Le ciel belge paralysé ce samedi ?
Les syndicats sont en colère sur le président du comité de direction du SPF Mobilité et Transports. Il est accusé d'avoir nommé, " de manière arbitraire et sans respecter les procédures normales de sélection, six à sept personnes à des postes clés" de la DGTA.
- Publié le 10-01-2014 à 05h39
- Mis à jour le 10-01-2014 à 17h29

Les aéroports belges seront-ils paralysés ce week-end ? La réponse sera connue ce vendredi après-midi, après une réunion décisive entre syndicats et direction du SPF Mobilité et Transports.
Que se passe-t-il exactement dans le ciel belge ? En fait, la colère des syndicats se porte sur un homme : Laurent Ledoux, président du comité de direction du SPF Mobilité et Transports. Ce dernier, par ailleurs ex-chef de cabinet de la ministre Marie-Dominique Simonet (CDH), est accusé par la CSC d'avoir nommé, "de manière arbitraire et sans respecter les procédures normales de sélection, six à sept personnes à des postes clés" de la DGTA, la direction générale du transport aérien. La DGTA ? Cette entité est stratégique pour la Belgique : elle chapeaute notamment la sûreté aérienne, dont le contrôle des passagers, des bagages, des installations de navigation ou encore des aéroports.
Par le passé, la DGTA avait déjà été pointée du doigt pour certains manquements. "Un audit a démontré que la structure actuelle de la DGTA est un peu datée, notamment le service en charge des inspections et des contrôles", explique Kurt Callaerts, représentant de la CSC, qui se dit en faveur d'une "réorganisation". "Mais nous voulons que celle-ci se fasse de manière objective et transparente. Ce n'est pas le cas actuellement", dénonce le syndicaliste qui demande que ce fameux audit soit rendu public.
Autre crainte du syndicat chrétien : la nomination de ces nouveaux directeurs "ad interim" et la "création de nouvelles fonctions" va peser sur l'enveloppe budgétaire globale du service public. "Or nous devons faire des économies et je crains que ce soit, au final, les employés qui en subissent les conséquences." D'après le représentant syndical, la situation au sein du personnel est d'ailleurs "tendue". "Les travailleurs ont peur de s'exprimer, de crainte d'être déplacés à un autre poste. La direction leur manque totalement de respect."
"Bloquer certains avions"
Du côté de la direction du SPF Mobilité et Transports, on se montre plus laconique. Une porte-parole précise que "toutes les explications seront données aux syndicats ce vendredi".
Les syndicats brandissent, eux, leur "préavis d'actions" qui arrive à échéance ce samedi. "Si les réponses de la direction ne sont pas convaincantes, nous allons entamer des actions dès ce samedi", confirme M. Callaerts. Pas de grèves donc, mais des actions "perturbatrices". "Il y a énormément de possibilités, développe le syndicaliste. On peut bloquer certains avions, ne pas attribuer des badges au personnel chargé de certaines tâches,… La liste est longue."
Selon la CSC, ces actions pourraient avoir un impact plus important qu'une grève. Bref, de quoi mettre une sacrée pagaille dans les aéroports de Belgique. "Nous regrettons évidemment ce type de menace, mais nous sommes déterminés. Cela ne peut plus continuer de la sorte", conclut le représentant syndical.
