Le littoral breton n’est pas (encore) hors de prix

Caroline Gourdin Correspondante à Paris Publié le - Mis à jour le

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Loin des côtes surchargées et des biens devenus inaccessibles du Sud de la France, la Bretagne offre encore des lieux préservés, et de bonnes affaires en matière d’immobilier. En particulier dans cette période où le marché, dans le Nord-Ouest, enregistre une baisse certaine dès que l’on s’éloigne (à peine) des zones les plus cotées. La tendance se confirme dans les Côtes-d’Armor, où 16 % du parc immobilier est constitué de résidences secondaires. "Nous enregistrons globalement une baisse des prix de 20 % depuis janvier 2012. Pour une villa avec vue sur la mer qui se vendait aisément 800 000 euros il y a trois ou quatre ans, il faut compter aujourd’hui 550 000 euros, assure Véronique Letynevez, directrice de Côté Immo à Perros-Guirec. Avec l’augmentation de la taxation sur la plus-value, les biens qui dépassent les 400 000 euros ont plus de mal à partir. Les clients sont plus attentistes, en particulier sur les résidences secondaires, qui ne sont pas primordiales. Ils pensent que les prix vont continuer à baisser. Le marché n’a pas encore atteint un niveau raisonnable. Mais nous avons encore de la clientèle pour des biens de moins de 200 000 euros."

En disposant d’un budget de 150 000 euros à 200 000 euros, on peut acquérir aujourd’hui une petite maison située à quelques centaines de mètres à pied de la côte de granit rose, ou logée dans un petit village de pêcheur. "Nous avons vendu récemment à un couple avec deux enfants une maison traditionnelle de 90 m², avec deux chambres, pour 150 000 euros, à proximité de la plage et des commodités, à Trébeurden, un petit village proche de Perros-Guirec. La majorité des acheteurs sont attirés par les maisons de pêcheurs ou les petites longères de maximum 100 m², avec deux ou trois chambres" , précise Véronique Letynevez.

Qui achète ? Des inconditionnels de la Bretagne, Bretons ou pas. Les Allemands en particulier raffolent de cette côte très sauvage, qui ne manque pas de stations balnéaires (Trégastel, Trébeurden, Perros-Guirec et l’île de Bréhat) et fait, en plus, le bonheur des randonneurs. "Nous avons aussi des Belges, qui constituent environ 10 % de notre clientèle. La moitié d’entre eux viennent carrément s’installer en Bretagne, ou comptent y vivre à l’âge de la retraite." Et les Anglais ? "Ils préfèrent l’intérieur des terres, qui est moins cher. Par exemple, ils ont envahi Carhaix (dans le Finistère, NdlR), pensant transformer des longères en gîtes, mais les ont laissées à l’abandon. Ils les revendent aujourd’hui en l’état."

S’ils sont présents en Bretagne-Nord, les Belges ont massivement investi dans le Golfe du Morbihan et la Baie de Quiberon (Bretagne-Sud). A l’instar des Franciliens, des Nantais, des Suisses et des Italiens. Les prix y atteignent encore des sommets. "Nous avons vendu récemment pour 1 million d’euros une maison de 200 m², sur un terrain d’à peine 400 m², en front de mer, avec une vue sur Belle-Ile-en-Mer" , confie Delphine Guillaume, directrice de l’Agence des Deux Mers, à Quiberon. Autres exemples : un appartement de 83 m², avec vue sur Belle-Ile, s’est négocié 680 000 euros. Et pour un appartement de 50 m² donnant sur la mer, il faut compter 500 000 euros. "Quiberon reste prisée parce que c’est une ville qui vit à l’année, poursuit Delphine Guillaume. A Pâques, nous avons vendu à des Belges une maison de 60 m², sans terrain, pour 280 000 euros." Plus sélect, la Trinité-sur-Mer offre des maisons avec accès direct à la plage pour un prix compris entre 1,5 et 2,5 millions d’euros.

"Un investissement bien placé, avec vue sur mer, par exemple, produit toujours sur le long terme, une plus-value" , note Jean Dugor, Président du Conseil régional des Notaires, dans un dossier consacré au littoral breton. "Depuis la crise de fin 2008, les prix ont baissé et tendent aujourd’hui à se stabiliser. Même les stations très prisées de notre littoral breton comme Carnac, La Baule, Dinard, Bénodet, Erquy, Perros-Guirec ont enregistré de forts reculs de prix et les marges de négociation ont augmenté. Les notaires bretons ont constaté que nous nous trouvions aujourd’hui sur des prix de 2006. En 2012, c’est peut-être le bon moment pour réaliser votre rêve dans des conditions favorables", conclut-il.

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