Le potentiel de Facebook en question

G.Se. Publié le - Mis à jour le

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Lors de notre dernier point sur l’IPO (Initial public offering) monstre du mois de mai dernier, nous avions souligné le rebond du cours après l’introduction mouvementée du géant des réseaux sociaux. La suite a toutefois été moins brillante, le cours abandonnant plus de 30 % pour atterrir au-dessus des 20 dollars, en baisse de 45 % par rapport à son cours d’introduction de 38 dollars. Le contraste par rapport à LinkedIn est saisissant, le réseau social destiné aux contacts professionnels a progressé de 66 % depuis le début de l’année, avec un cours qui est repassé au-dessus de son niveau d’IPO. Le cours de Facebook risque d’encore se replier fortement dans les mois qui viennent. Premièrement, la période de lock-up va prendre fin, soit la période durant laquelle certains actionnaires ne pouvaient pas vendre leurs titres en Bourse. Progressivement, ce ne sont pas moins de 271 millions de titres qui vont être ainsi libérés dans les mois à venir, soit quatre fois plus d’actions que le nombre actuellement échangé sur le marché américain. La pression sur le cours risque donc de s’intensifier fortement dans les semaines qui viennent, même si une grande partie des actionnaires décide de finalement garder leurs actions. Les grands courtiers (qui faisaient partie du syndicat d’introduction) préfèrent d’ailleurs passer ce sujet sous silence. Deuxièmement, au niveau opérationnel, Facebook a surtout démontré une capacité à augmenter son nombre d’abonnés, mais pas de les faire payer régulièrement pour les services offerts. Le chiffre d’affaires par utilisateur reste très faible, et certains analystes semblent douter de la capacité de la direction actuelle de mettre suffisamment l’accent sur ce problème. D’autres analystes soulignent pour leur part que ce faible niveau constitue un énorme potentiel de croissance pour le futur. En outre, une part de plus en plus importante des utilisateurs accède à Facebook via des smartphones, et ce potentiel reste encore très largement inexploité par le groupe (comme par les autres réseaux sociaux). Troisièmement, la période des résultats trimestriels n’a pas apporté d’éléments susceptibles d’atténuer les inquiétudes, la direction de Facebook se refusant à donner des objectifs chiffrés pour l’ensemble de l’année, et Zynga (14 % du chiffre d’affaires) annonçant des chiffres très décevants pour le deuxième trimestre, ainsi que le départ de son directeur opérationnel. La société qui crée des jeux - essentiellement destinés à la plateforme Facebook, est liée de près au site de relations sociales, mais perd de l’argent et est aussi à la peine en Bourse. Ce n’est pas encourageant. Quatrièmement, même à 20 dollars, certains analystes continuent d’estimer que la valorisation actuelle reste particulièrement élevée, notamment chez quelques petites maisons de recherche anglo-saxonnes. Chez Indigo Equity Research, l’analyste souligne que "le cours de 20 dollars pourrait représenter une valorisation correcte si l’ensemble des éléments évoluent favorablement pour le groupe, et si Facebook parvient à dégager rapidement un chiffre d’affaires de 28 milliards de dollars pour un résultat net de 4 milliards de dollars" . L’hypothèse de base est plutôt de voir le cours encore tomber vers 14 dollars dans les douze mois à venir. Les points d’interrogation subsistent donc sur les perspectives du cours dans les trimestres à venir, en dépit du renforcement du consensus sur les deux derniers mois (19 avis positifs pour 14 neutres et aucun négatif). Les deux révisions positives sur le mois ont été à la hausse, et l’objectif de cours médian de 37 dollars affiche encore un potentiel théorique proche de 80 %. Il est toutefois vraisemblable qu’il faudra attendre la fin de la période de lock-up avant de voir le cours se redresser durablement. Patience et espoir sont donc de mise !

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