Livret d’épargne, valeur refuge

P. D.-D. Publié le - Mis à jour le

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Moins ils rapportent, et plus les Belges y placent leurs économies !

Les rendements des comptes d’épargne se sont à nouveau effrités dans plusieurs banques au cours de l’été, poussant du coup à la trappe le 3 % du compte fidélité de NIBC Direct que la banque néerlandaise proposait depuis fin 2011. Désormais, c’est 2,75 % sur base annuelle pour la meilleure offre du marché.

NIBC n’est pas la seule à avoir bougé à la baisse. Depuis le début de la période estivale, Rabobank, Keytrade Bank, DHB Bank, Belfius, Argenta, Europabank, Record Bank ou encore Fortuneo ont adapté leur rendement à l’évolution des taux d’intérêt sur les marchés financiers. Dernière en date à se joindre à cette litanie baissière, la Banque de la Poste, dont le taux de base baissera de 1 à 0,75 % à partir de mercredi prochain (la prime de fidélité reste inchangée à 0,50 %).

L’encours sur les comptes d’épargne n’en vole pas moins de record en record, mois après mois : il y avait, fin juin, quelque 228 milliards d’euros déposés sur les bons vieux livrets, soit 3 milliards de plus qu’en mai.

Le paradoxe, en soi, n’est pas neuf. Voilà bientôt quatre ans maintenant que les Belges privilégient chaque mois un peu plus le compte d’épargne pour placer leurs économies. La crise financière, il est vrai, est passée par là. Du coup, ce placement sûr a la cote auprès des ménages, devenus à juste titre méfiants à l’égard de produits alambiqués ayant, trop souvent, réservé de bien mauvaises surprises.

Mais bon, il faut quand même voir les choses en face : le compte d’épargne ne permet pas vraiment de faire fructifier ses économies. Des comptes classiques (Triodos, BNP Paribas Fortis, Belfius, ING...) rapportent à tout casser 1 % de rendement sur base annuelle, contre une inflation annuelle attendue à 2,6 % pour 2012. C’est, parfois, encore moins !

Certes, il y a moyen de décrocher des rendements à peine plus honorables. Mais il faut pour cela passer avec armes et bagages dans les banques de taille plus modestes comme NIBC Direct, Fortuneo (dont les taux de base sont garantis jusque début 2013), Rabobank ou encore Keytrade.

Parmi les grands, ING est la seule des institutions à proposer des taux à moitié potables pour l’épargnant avec le compte Lion Premium (1 % de taux de base et 1,25 % de prime de fidélité).

Reste que le rapport de force demeure largement favorable aux quatre principales banques du pays. Et ce n’est pas la nouvelle réforme annoncée du compte d’épargne (voir LLB du 14 juillet) qui va permettre de rebattre les cartes.

Vous devez toutefois vous faire une raison : ce n’est pas demain la veille que vous risquez de retrouver des taux bien plus attractifs.

La tendance est résolument à la baisse depuis plusieurs années - rappelez-vous du temps, pas si lointain, où les grandes banques proposaient 4 % de taux de base ! - et devrait encore se poursuivre : la baisse attendue du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE) en septembre devrait en effet contribuer à un effritement supplémentaire des rendements des comptes d’épargne.

Bref, l’épargnant n’est pas sorti de l’auberge, d’autant qu’il n’a guère de solutions de rechange. Les taux des comptes à terme et autres bons de caisse ont de quoi refroidir plus d’un investisseur : le rendement d’un bon de caisse à cinq ans est de 2,20 % brut chez BNP Paribas Fortis, soit 1,74 % net d’intérêts par an. Une misère. Il y a mieux : 3,60 % brut (soit 2,84 % net) par exemple chez NIBC Direct. Ou encore le 2,65 % (brut) du Crédit agricole. Il est aussi possible de trouver des taux encore plus faibles, comme chez Rabobank ou Keytrade Bank.

Et, pourtant, le compte d’épargne a probablement encore de très beaux jours devant lui. Plusieurs raisons à cela. Il y a bien entendu la facilité de versement, mais aussi de retrait.

Il y a en outre une fiscalité qui reste particulièrement avantageuse : 15% de précompte pour les intérêts supérieurs à 1 830 euros (par personne, tous comptes d’épargne confondus), là où il faut débourser 21 % de précompte dès le 1er euro pour un bon de caisse ou un compte à terme.

C’est dire si l’encours des comptes d’épargne a de fortes chances de battre un nouveau record historique - un de plus - lorsque les chiffres de juillet seront dévoilés.

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