Mobistar, KPN, ciel couvert !

Patrick Van Campenhout Publié le - Mis à jour le

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Le patron de l’opérateur télécoms belge Mobistar a beau investir dans le développement du réseau Internet mobile rapide 4G, rivaliser de rapidité en intégrant dans ses pratiques commerciales les lois à venir et faire preuve d’un sens aigu du marketing en vendant des abonnements animaliers, les résultats de son entreprise restent sur la pente descendante. Et les analystes n’aiment pas ça. Hier, dès l’ouverture de la Bourse de Bruxelles, le titre Mobistar a donc plongé suite à la diffusion de résultats conformes à des attentes revues à la baisse précédemment. Chiffre d’affaires : 802,5 millions sur le semestre écoulé, soit un recul de 2,1 %, résultat courant en baisse de 7,7 % à 249,7 millions et bénéfice net en chute de 20 % à 92,9 millions.

Comment expliquer ce tassement des revenus ? L’impact d’une régulation changeante, de gros investissements dans le renouvellement du réseau existant et amélioré (LTE ou 4G), et surtout, une modification du marché des télécoms mobiles. Et tout ceci justifie la chute du titre en Bourse ? "Ce que les opérateurs, surtout les investisseurs outre-Atlantique, ne comprennent pas, c’est que le marché belge des télécoms est incomparable au leur", explique Jean Marc Harion, CEO de Mobistar. Comprenez : Mobistar n’est plus une start-up ivre de croissance mais une entreprise qui se réaligne sur une demande de la clientèle modulée par la concurrence, la crise, et une nouvelle loi télécoms. Déprimant ? "Non, nous allons profiter de cette loi que nous avons été les premiers à anticiper, pour nous rapprocher de nos clients. Et l’ouverture promise du réseau câblé sera aussi l’occasion de relancer notre offre télé." Mobistar qui mise donc sur les effets à moyen terme, a aussi lancé un vaste plan d’économies, question de garder une profitabilité propre à générer des dividendes pour ses actionnaires dont sa maison-mère, France Télécom

Même timing, même comportement boursier et annonces du même tonneau pour l’opérateur néerlandais KPN Group qui opère chez nous sous l’enseigne Base. Ici, les bénéfices consolidés ont fondu de 40 % sur le semestre écoulé à 603 millions d’euros, minés notamment par des utilisateurs économes qui passent par Skype sur leur mobile. En Belgique, KPN se porte bien par contre, positionné sur le segment low cost de notre marché des télécoms mobiles : le chiffre d’affaires progresse de 6,7 % à 207 millions et le bénéfice courant de 16 % à 74 millions. Une bonne affaire pour KPN Group ? Oui mais la stratégie du groupe néerlandais va dans le sens d’une cession de sa filiale belge en vue de réduire son endettement. KPN compte en tirer 1,8 milliard d’euros. Ce n’est pas neuf, mais maintenant, les enchères sont ouvertes officiellement: "verkoopproces gestart", annonce laconiquement le groupe dans ses commentaires de résultats. La rumeur dit que Telenet s’accommoderait assez d’une telle acquisition, chère mais stratégique. Et qui ne ferait pas l’affaire de Mobistar.

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