Nokia, les premiers pas finlandais du GSM

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En 1865, Fredrik Idestam (1838-1916) met sur pied une fabrique de papier à Tampere, dans le sud de la Finlande. Idestam est un ingénieur, qui a été formé en Allemagne, et qui a commencé sa carrière comme ingénieur dans le Service des mines de l’Etat finlandais. Mais il désire rapidement créer sa propre entreprise, et il fonde cette fabrique, qui deviendra un succès.

En 1871, il s’associe à un homme d’affaires, Leo Mechelin (1839-1914), avec lequel il constitue une société, Nokia AB, en adoptant comme marque le nom de la ville, Nokia, où l’entreprise établit son siège social. Régulièrement, la société d’Idestam va progresser. Une des clés du succès de Nokia est le fait qu’Idestam a étudié les méthodes industrielles allemandes, pendant ses études à la Bergacademie, à Freiberg, une école supérieure des mines qui avait été fondée déjà en 1765. Idestam sut appliquer en Finlande ses connaissances acquises en Allemagne. Il fut un des introducteurs de l’industrialisation en Finlande.

En 1898, une nouvelle entreprise, la Suomen Gummitehdas Oy, est fondée à Helsinki, dont le nom officiel anglais est Finnish Rubber Works. Elle produit des articles en caoutchouc. Les affaires tournent et, en 1904, l’entreprise installe une usine à Nokia. En 1912, l’ingénieur Arvid Wickström (1886-1937) fonde une société, la Suomen Kaapelitehdas Oy (Finnish Cable Works), une câblerie qui produit des câbles pour le télégraphe, le téléphone et pour l’industrie électrotechnique. Cette société se développe fort bien et, en 1960, se dote d’un département électronique.

Et en 1966, les trois entreprises finlandaises dont on vient de résumer très sommairement l’historique, et qui n’ont pas grand-chose à voir l’une avec l’autre, décident de s’unir pour former une entreprise plus puissante, dans un secteur -l’électronique- en rapide évolution, et où les besoins en capitaux sont de plus en plus importants. Au mois de juin, le groupe Nokia est constituté par fusion de Nokia AB, de Finnish Rubber Works et de Finnish Cable Works. A cette époque, l’électronique commence à toucher pratiquement tous les secteurs de l’industrie, mais le secteur des télécommunications reste un des plus importants : téléphone, radio, télévision, radar

Le téléphone s’est magnifiquement développé depuis son invention par l’Américain Alexandre Graham Bell en 1876. Mais il s’agit du lien, par un fil électrique, entre deux stations fixes. Pour téléphoner à Monsieur Durand, Monsieur Dupont doit être chez lui, près de son téléphone, et Monsieur Durand de même, sinon il n’est pas joignable. Ce serait quand même mieux s’il n’y avait pas de fil, et si les postes étaient suffisamment petits pour qu’on puisse les mettre en poche.

En 1966, c’est un thème de science-fiction. Sauf pour quelques ingénieurs, aux Etats-Unis, en Europe, au Japon aussi, qui savent que la chose est possible, à condition d’une part de "miniaturiser" suffisamment les postes téléphoniques, et à condition de réaliser une liaison à l’aide d’ondes radio, pour éviter le fil.

Dans quelques grandes entreprises, on commence à y penser, pour plus tard. Ce qui nous amène en 1982, quand la CEPT, la Conférence européenne des postes et télécommunications, met en place une commission d’experts, le Groupe spécial mobiles, désigné familièrement par le sigle GSM.

Car maintenant, la chose est sûre : la téléphonie "portable" ou "mobile" est tout à fait possible. Mais les problèmes techniques à résoudre sont immenses. Il faut un minimum de concertation entre les sociétés qui vont se lancer dans le développement de réseaux et d’appareils émetteurs-récepteurs.

Les travaux progressent, si bien qu’en 1988 un document, le MoU, Memorandum of Understanding, est ratifié par 17 organisations européennes de télécommunications, en vue de développer un système cellulaire digital GSM dans la bande des 900 MHz. Les normes sont définies. Les entreprises du secteur "télécoms" peuvent faire travailler leurs ingénieurs. Déjà en 1991, la société Nokia entame la production de téléphones GSM. D’autres sociétés suivent rapidement.

En 1992, le GSM, qui était un nom français, apparemment gênant pour certains pays européens, est rebaptisé "Global System for Mobile". La suite est connue. Le succès du GSM est considérable. L’intérêt du consommateur dépasse toutes les prévisions. Tout le monde veut son "portable", de 7 à 77 ans, et même après.

Nokia tire un excellent parti de cette demande constante. En 2010, l’entreprise finlandaise réalisait un chiffre d’affaires de l’ordre de 42 milliards de dollars, avec un personnel de plus de 130 000 unités. Nokia fut, de 1998 à 2010, le leader mondial des constructeurs de téléphones portables. A l’issue du 2e trimestre 2011, on apprenait que les ventes de Samsung dépassaient celles de Nokia. On ne peut pas toujours être number one.

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