Nollet: Le courant ne passe pas à la Région wallonne

P.P. Publié le - Mis à jour le

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Jean-Marc Nollet, le ministre wallon de l’Energie, propose donc "une révolution" dans la tarification de l’électricité en Wallonie ( nos éditions de samedi ). Elle reviendrait, dès 2014, à offrir 500 kWh par an pour tout ménage, à charge pour les fournisseurs d’intégrer la ristourne dans les factures de régularisation ou clôture des plus gros consommateurs.

"Reviendrait" ? Conditionnel de rigueur ! Si le ministre Ecolo a voulu marquer un coup, c’est réussi : son interview dans "La Libre" fait péter des fusibles. S’il voulait démontrer la pertinence de son propos, ce n’est pas gagné : il reste à convaincre, notamment dans le concret du dispositif. Et s’il voulait forcer la main de ses collègues ministres dès ce jeudi, c’est raté : les coalisés PS et CDH n’ont pas ménagé, lundi, leurs doléances

Tarifs plus solidaires, pas l’inverse

Les critiques socialistes sont doubles.

D’abord quant à la méthode. Y a-t-il eu concertation, notamment en gouvernement ?, demandait, lundi en commission parlementaire, le député Edmund Stoffels. Le ministre lui rappelait : "L’accord de gouvernement a prévu la fixation d’une telle tarification progressive de l’énergie à usage résidentiel." S’il compte procéder dès à présent par voie de simple arrêté, c’est parce que la régionalisation complète de la tarification n’est plus prévue avant 2015. Manque de consultations ? Il y en a eu des "informelles" ; les plus formelles suivront après décision en gouvernement. Lequel ne tombera pas des nues : quatre "intercabinets" ont déjà abordé le sujet.

Deux, les critères. Le PS wallon dit vouloir "une tarification plus solidaire et non l’inverse" . Ainsi, est-il "bien utile d’offrir de l’électricité à tout le monde sans distinction" ? Qu’en est-il de situations particulières, tels les chauffages électriques d’appoint, les familles nombreuses, les indépendants au compteur unique logement/activité ? Nollet : contrairement au gaz, la consommation électrique "est clairement liée au niveau des revenus" ; des situations particulières seront intégrées; l’offre de 500 kWh "est la modalité la plus simple pour arriver à la progressivité" .

Le député PS rétorquait : "Votre idée a le mérite d’exister. Votre sortie est prématurée."

Fichus certificats

Le CDH n’est pas en reste. Moins rapide que le PS, mais plus raide, il se dit "radicalement opposé" au "nouvel effet d’annonce" du ministre. C’est simple, celui-ci "disjoncte en oubliant de dire que sa proposition fera notamment gonfler la facture d’électricité des familles". Et de citer ces balises à toute réforme des prix : la composition de chaque famille, les accès variés aux sources d’énergie, un soutien au renouvelable mais "sans générer des rendements financiers démesurés" , la responsabilisation des consommateurs.

Dans l’opposition, le MR ne va pas se gêner. "Ecran de fumée" , communiquent les réformateurs. Parce que "la gratuité n’existe pas" ; et parce que la sortie ministérielle cacherait mal "l’imprévoyance du gouvernement wallon" dans le dérapage de la facture du photovoltaïque. Après la (non-)réponse du ministre au député Willy Borsus sur la surchauffe des certificats verts, lundi toujours, le MR demande une commission spéciale sur la politique énergétique wallonne.

Du reste, la tension politique ne serait pas si haute si l’on ne restait dans l’attente de la réforme du soutien régional à l’énergie solaire. Les kWh gratuits risquent d’être vite absorbés par le surcoût des certificats verts répercuté sur les consommateurs, suppute le PS. Tandis que le CDH, parti du précédent ministre à l’Energie, André Antoine, "père" du plan Solwatt, insiste : il est urgent de revoir le mécanisme des certificats "afin d’éviter ses effets pervers"

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