Notre matos, leur problème ?

Patrick Van Campenhout Publié le - Mis à jour le

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La moitié des appareils informatiques utilisés donnerait accès à des données confidentielles, personnelles et professionnelles. Et un employé sur trois estime que ce matériel qui lui appartient mais qu’il utilise au boulot est insuffisamment protégé.

C’est à ce propos qu’Oracle, le géant américain des systèmes informatiques intégrés en entreprises, a commandité une étude statistique portant sur 1 000 utilisateurs belges de leurs propres machines en entreprises au niveau de la sécurisation . (1)

“Leurs propres machines” recouvre le concept très “tendance” de BYOD pour “Bring Your Own Device”, soit la possibilité pour les employés de disposer d’un matériel privé. Et au fil de cette étude, on apprend des choses étonnantes. D’abord, que les utilisateurs dynamiques qui apportent leur matériel au boulot sont très conscients de ce qu’ils en font, n’en déplaise aux spécialistes de l’informatique qui auraient tendance à considérer les non-spécialistes comme des béotiens…

Et que la conscience qu’ils ont des risques de cette pratique est évidente. Mais l’étude montre qu’un utilisateur sur trois estime que sa machine, PC portable, smartphone ou tablette, est utilisée à 50 % à des fins professionnelles et, à cet égard, est mal ou pas du tout protégée.

Et alors ? C’est que ces machines servent à consulter et à stocker des e-mails professionnels (un tiers des sondés), des données (un quart des sondés), à utiliser des applications d’entreprise et à se connecter au réseau de la société (16 %). Il y a donc un risque réel en cas de vol, de perte ou de piratage du matériel personnel.

L’étude montre encore que l’utilisation constante de ces appareils fait que la frontière s’estompe entre la sphère privée et la sphère professionnelle. Est-ce positif ? L’étude révèle qu’un tiers des utilisateurs estime travailler plus depuis qu’il a un smartphone (34 %), une tablette (23 %) ou un ordinateur portable (42 %).

Avec le biais qu’ils se sentent désormais (pour 30 %) obligés d’être plus disponibles par ces outils qu’auparavant. Mais les chiffres montrent aussi que l’ordinateur portable, dont le succès est partiellement réduit par celui des tablettes, reste pour 92 % des sondés le principal appareil détenu en propre pour une utilisation mixte privée/professionnelle.

Ces machines sont conformes aux standards des entreprises et coûtent souvent moins cher qu’un beau smartphone… pour le particulier comme pour l’entreprise. Retenons que si le “notebook” reste le plus utilisé, 38 % des sondés disposent d’un smartphone, et 16 % d’une tablette. Notons que près d’un quart des possesseurs de machines mobiles ont reçu le smartphone ou l’ordinateur portable de leur employeur, 18 % seulement ayant reçu une tablette.

A retenir aussi le fait qu’à Bruxelles, près de la moitié des personnes interrogées ont un smartphone contre respectivement 38 % et 30 % en Flandre et en Wallonie. Ce qui a une incidence, mais marginale sur la détention d’ordinateurs portables : 89 % à Bruxelles, 93 % en Flandre et 94 % en Wallonie.

Il y a donc une généralisation et une banalisation du principe de l’utilisation mixte de l’informatique portable, qu’elle soit payée par l’utilisateur ou par l’employeur. Il y a aussi, on l’a vu, une prise de conscience des risques d’une telle pratique.

Mais que font ces utilisateurs pour gérer ce problème de manière active ? Pas grand-chose puisque le questionnaire d’Oracle montre qu’une personne sur deux seulement protège son smartphone ou sa tablette par un mot de passe et que dans un cas sur trois, le smartphone peut être manipulé par le conjoint ou les enfants, et que c’est le cas dans un cas sur deux pour les tablettes.

La culture PC fait que 80  % des ordinateurs portables sont protégés par un mot de passe. Gros chantier en vue !

(1) Etude réalisée par iVox entre le 22 mai et le 5 juin 2012.

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