Océade : "Le PS est responsable de notre licenciement"

Raphaël Meulders Publié le - Mis à jour le

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En pleine crise économique, le pouvoir politique oblige une entreprise qui fonctionne très bien à licencier. C’est une aberration totale." Joël Musch est employé depuis 19 ans au parc aquatique d’Océade sur le plateau du Heysel à Bruxelles. Hier matin, il a appris qu’il perdrait son emploi dès cet été. Emotion et surtout colère entouraient l’annonce officielle de la fermeture d’Océade et Mini-Europe, tous deux présents depuis près de 25 ans à Bruxelles. Thierry Meeùs, le patron des deux parcs, n’a d’ailleurs pas pu retenir ses larmes, après avoir annoncé à ses 120 employés (200 avec les jardiniers, techniciens occasionnels...) qu’ils devraient vider leur casier dans quelques mois.

"Préparez les pioches et les pelles"

Le village "Bruparck" et ses restaurants seront aussi détruits pour la fin 2013. En tout, près de 400 personnes vont perdre leur emploi. Seul le complexe de cinéma Kinepolis restera au pied de l’Atomium. Du moins jusqu’en 2025, fin de son contrat. Mais pour les autres, le couperet est tombé : Brussels Expo, l’organisation qui gère le site du Heysel pour la ville de Bruxelles, a confirmé la fin de leur concession d’exploitation. Pour rappel, la ville de Bruxelles a l’intention de renouveler totalement le plateau du Heysel. Elle veut notamment y installer un shopping, un centre de congrès, des logements Le projet s’appelle Neo. "Le bourgmestre Thielemans et ses amis socialistes veulent du neuf. Nous, ils nous considèrent comme dépassés, déplore Patricia Van Campenhout, responsable des ventes chez Mini-Europe. La ville s’est montrée manipulatrice en nous lynchant systématiquement dans les médias. Or il y a eu de gros investissements pour mettre le parc à neuf".

La pilule est d’autant plus difficile à faire avaler aux employés que Mini-Europe et Océade "se portent très bien", d’après les responsables du groupe. "Tant les fréquentations (600 000 visiteurs par an pour les deux sites) que nos chiffres d’affaires sont en hausse constante depuis une dizaine d’années", explique Philippe Steenbergen, directeur marketing de Mini-Europe. Nous payons, à deux, aussi 500 000 euros de taxes diverses à la ville chaque année et une étude universitaire affirme que nous rapportons 13 millions d’euros en revenus indirects. Mais ce n’est visiblement pas assez pour la ville de Bruxelles qui doit rentabiliser son futur luxueux centre de congrès". Selon le directeur, la ville a choisi de se comporter en "promoteur immobilier de luxe" en construisant de "fastueux appartements avec une vue directe sur l’Atomium" sur le site même de Mini-Europe. Joël Musch dénonce lui le "double discours du PS", au pouvoir en coalition avec le SP.A , le MR et l’Open VLD à la ville de Bruxelles. "Le PS affirme être impuissant face aux licenciements chez Ford, Arcelor ou Caterpillar. Madame Onkelinx déclare haut et fort qu’il faut punir les entreprises qui licencient abusivement. Ici votre parti, Madame, n’est pas impuissant, il est responsable."

En signe de protestation, les employés d’Océade ont envoyé des morceaux de toboggans à différents responsables politiques. Car d’aucuns s’étonnent aussi du silence du MR et de l’Open VLD qui s’étaient pourtant montrés favorables au maintien des deux parcs lorsqu’ils étaient dans l’opposition. Selon la ville (voir réactions ci-contre), les exploitants des deux attractions n’ont jamais "désiré s’inscrire dans le projet Neo". "Totalement faux, rétorque Philippe Steenbergen. On n’a jamais voulu nous intégrer dans Neo. Dès le départ, Henri Dineur, le responsable du projet pour la ville, nous a clairement avertis qu’il allait faire table rase et qu’on devait ‘préparer les pioches et les pelles’". Chez Océade, on regrette que la ville ait choisit "l’incertitude spéculative par rapport à l’emploi". "Le projet Neo, s’il se réalise un jour, ne verra pas le jour avant plusieurs années. En attendant, on va se retrouver avec un terrain vague et des emplois perdus", explique M. Den Doncker, directeur d’Océade.

Que vont devenir les maquettes de Mini-Europe, dont certaines étaient "sponsorisées" par des Etats membres de l’Union ? Courtrai, Braine-l’Alleud ont voulu les accueillir. Sans succès. "Nous avons des propositions de l’étranger, notamment du Monténégro", explique M. Steenbergen.

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