Oxylane, la face cachée de Decathlon

RaphaëlMeulders Publié le - Mis à jour le

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Reportage à Lille

Les bureaux ressemblent à une grande plaine de jeux, les jeunes employés y ont l’attitude "relax" et le look sportif : pour peu, on se croirait dans une "start-up" de la Silicon Valley en Californie. Pourtant, le ciel gris le rappelle, le "campus" de Decathlon se trouve bien à Villeneuve d’Ascq dans la banlieue de Lille. Ou plutôt le campus... d’Oxylane, comme on nous le rappelle à plusieurs reprises.

Car Decathlon n’est qu’une infime partie de l’iceberg Oxylane, groupe mondial spécialisé dans la création de produits sportifs et le commerce local ou en ligne. Dans ce labyrinthe, Decathlon est l’une des formes de vente mis en place par la maison mère. Le chemin parcouru par le groupe français, devenu 4e distributeur et 5e producteur sportif mondial, s’est fait à saut d’athlète. C’est en 1976, à Lille, que l’aventure commence pour Decathlon. A l’époque, Michel Leclercq lance un nouveau concept, celui d’une grande surface entièrement dédiée au sport. "L’idée était de rendre accessible le sport au plus grand nombre, donner envie aux gens de se lancer dans la pratique sportive", explique Florence Delcroy, attachée de presse.

Au début, le magasin ne commercialise que des marques traditionnelles, puis, peu à peu, les articles labellisés "Decathlon" font leur apparition et attirent d’abord par leur prix. "Mais nous avons changé cette image ‘discount’. Nous avons en fait un large éventail de produits allant de l’entrée de gamme au produit spécialisé", poursuit Florence Delcroy.

Aujourd’hui, la vingtaine de marques "Oxylane", associées chacune à un type de sports, représentent plus de 60 % de l’ensemble des produits vendus par le distributeur. Concentrés à Lille, les sièges de ces différentes marques ont, dès la fin des années 90, progressivement migré vers un village, où les produits sont pensés, testés et développés dans leur condition d’utilisation. Ainsi, la marque associée aux sports nautiques Tribord, a son Q.G. à Hendaye, sur la côte basque. Quechua, dédiée aux activités de montagne, est basée à Sallanches, au pied du mont Blanc. "On essaie d’être le plus proche de nos utilisateurs, d’être à leur écoute en permanence pour pouvoir adapter nos produits. Cette capacité de réaction et d’innovation a fait la force du groupe", développe l’attachée de presse.

Chaque année, Oxylane lance ainsi plus de 3 500 nouveaux produits dans ses différents magasins. Certains sont brevetés, comme "la tente qui se monte en la jetant" ou le "frein bouton" de vélo pour enfant. Mais le budget "conséquent", consacré à l’innovation par le groupe, qui emploie 53 000 personnes à travers le monde et produit un quart de ses articles en Europe, reste "top secret".

Depuis peu, Oxylane a aussi développé des marques de "composants", ce qui lui permet de contrôler toute la chaîne de production d’un article, allant de sa conception à sa commercialisation. Au sein du centre de recherches de Villeneuve d’Ascq, des dizaines de scientifiques s’activent quotidiennement pour trouver la fibre qui rendra cette veste la plus imperméable ou ce T-shirt le moins odorant en cas de forte transpiration. D’énormes douches ou une salle climatique allant de -40°C à 40°C sont là pour tester le résultat des recherches.

Le corps humain est aussi analysé sous toutes ses formes, via des panels de sportifs amateurs. Un mouvement d’une raquette de tennis, celle d’un coup de pédale : rien n’échappe aux puissants ordinateurs du centre lillois.

Mais sa plus grande source d’inspiration, Oxylane va la chercher auprès de ses utilisateurs. A Lille, tout est pensé pour que ceux-ci côtoyent en permanence les employés du groupe français. C’est le cas au village "Be -Twin" où les bureaux et le centre de recherche sont ancrés dans le magasin. Chaque cycliste peut y dessiner ou expliquer son vélo idéal. Même topo à l’Inesis Golf park, où un magasin côtoie un simulateur et un parcours de golf.

Preuve que ce contact est recherché en permanence : les employés d’Oxylane sont davantage engagés en fonction de leur passion pour un sport que selon leurs éventuels diplômes. "Tous sont mordus de sports, nous explique-t-on. Sur le temps de midi, la grande majorité va courir, pédaler,..."

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