Pas de RER à Bruxelles avant ... 2016

Philippe Lawson Publié le - Mis à jour le

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Auditionné par la Commission mixte (Infrastructure, Aménagement du territoire) du Parlement bruxellois, l'administrateur délégué d'Infrabel, Luc Lallemand a dévoilé lundi le nouvel agenda de mise en service du Réseau express régional (RER) appelé à désengorger la capitale. Et comme le redoutaient plusieurs observateurs et proches du dossier, il a confirmé que la réalisation du projet prendra un retard d'au moins quatre ans. La mise en service de la ligne 161 Bruxelles-Ottignies attendue pour 2011 ne devrait être réalisée que fin 2015. Celle de la ligne 124 Bruxelles-Nivelles, prévue pour 2012 est reportée à fin 2016. Quant à la ligne 50A Bruxelles-Denderleeuw, l'administrateur délégué du gestionnaire d'infrastructure l'annonce pour 2015, alors que les navetteurs et les automobilistes l'attendaient en 2012.

Pour rappel, les travaux consistent en la mise à trois ou quatre voies de certains tronçons et devraient permettre aux citoyens habitant dans un rayon de 30 kilomètres de la capitale d'y avoir accès, non plus en voitures, mais en délaissant celles-ci pour se rabattre sur les trains RER.

"Nous avions toujours cru que nous respecterions les délais initiaux, mais nous sommes obligés de constater que nous ne pouvons pas mettre le RER complètement en service avant 2015-2016. Les différentes demandes d'autorisation sont introduites à temps, mais on ne comprend pas pourquoi ça traîne à Bruxelles", a indiqué Luc Lallemand, devant les rares députés qui s'étaient déplacés lundi pour assister à la séance.

Il faut dire que la Région bruxelloise n'est pas la seule concernée par le projet RER. La Flandre et la Région wallonne seront aussi traversées par les trains du RER. Les autorités régionales de ces deux entités font leur possible pour délivrer, dans des délais raisonnables, les permis demandés par Infrabel. Seuls les recours introduits par certains riverains ralentissent le projet.

Le diabolo est en péril

A Bruxelles, le maître d'ouvrage du RER doit encore composer avec le manque de réactivité des autorités. Contrairement aux autres Régions, la procédure est double à Bruxelles, car Infrabel doit d'abord obtenir un certificat d'urbanisme avant le permis. Exemples des retards, on peut citer les demandes de certificat pour les lignes 124 et 50A, introduites respectivement en janvier et décembre 2003. Et plus de trois ans après, Infrabel les attend toujours, alors que les études d'incidence sont clôturées depuis juin 2004 pour la L124 et février 2005 pour la 50A.

Luc Lallemand dit ignorer les raisons des retards et invite les autorités à donner un signal fort pour permettre aux procédures d'avancer. Car, si rien n'est fait dans de brefs délais, le RER ne sera pas opérationnel avant 2020. La commande du matériel roulant dépend aussi de l'avancée des travaux d'infrastructure et il y a fort à parier qu'elle prendra du retard. "Les dirigeants de la SNCB sont inquiets de voir comment se passent les choses pour les travaux d'infrastructures. Et à quoi ça sert de commander du matériel roulant si les infrastructures sur lesquelles il va rouler ne seront pas prêtes à temps", note M. Lallemand.

Outre le RER, le diabolo censé garantir un meilleur accès de l'aéroport national a aussi du plomb dans l'aile. Infrabel espère signer un accord de Partenariat public-privé avec des acteurs industriels et financiers en mai 2007, mais il lui faut les autorisations. "L'offre de nos partenaires est valable pour une durée bien déterminée et si nous ne signons pas en mai, ce sont des mois de travail et de négociation qui tomberont à l'eau et le diabolo risque de ne pas se faire ", prévient-il. Il plaide pour une autorisation de principe de la part du gouvernement bruxellois.

En attendant, le retard est déjà consommé, le diabolo qui devait voir le jour en 2010 est annoncé, "dans le meilleur des cas" pour 2012. "Le fait de ne pas avoir appréhendé les projets de manière globale et de ne pas avoir instauré un comité de suivi entre Bruxelles et la SNCB explique ces retards. Par ailleurs, la SNCB aurait dû anticiper les lourdeurs des procédures à Bruxelles ", rétorque Denis Grimberghs, chef de groupe CDH au Parlement bruxellois, à l'origine de l'audition de M. Lallemand.

© La Libre Belgique 2007
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