Pierre Mariani va quitter Dexia sans parachute doré

AvC Publié le - Mis à jour le

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Voilà bientôt l’épilogue d’une histoire qui aura fait couler beaucoup d’encre en Belgique. Pierre Mariani, le patron de Dexia SA, s’en ira un peu plus tard que prévu mais sans plantureux parachute doré. Il a donc dû renoncer aux près de deux millions d’euros auxquels son contrat lui donnait droit en cas de rupture anticipée. Selon nos informations, le Français aura droit à un préavis de six mois de salaire (environ 500 000 euros), comme s’il avait presté jusqu’à la fin de son mandat, prévue mi-2013.

Le communiqué publié hier indique que Pierre Mariani "a remis sa démission au président du conseil d’administration, qui lui a demandé de continuer à occuper ses fonctions jusqu’à l’approbation des comptes du premier semestre 2012 et d’assurer la présidence de DenizBank (NdlR la filiale turque) et de DAM (NdlR la filiale française) jusqu’à la conclusion des transactions".

Il ne quittera donc pas ses fonctions au 1er juillet comme l’aurait voulu le gouvernement belge. Il restera CEO jusqu’à la présentation des résultats semestriels prévue début août. Il cédera alors sa place de CEO à Karel De Boeck, le candidat choisi par le gouvernement belge. Il restera néanmoins dans le groupe pour achever ses missions jusqu’à la fin de l’année. Tel est le compromis qui a été trouvé entre les Belges et les Français.

Lesquels n’ont toujours pas désigné un nouveau président du conseil d’administration conformément à l’équilibre voulu entre les deux pays (le futur CEO, Karel De Boeck étant un Belge). S’ils traînent à choisir un candidat c’est aussi parce qu’ils ne veulent pas régler ce point tant que d’autres dossiers épineux, dont celui de DMA (entité dediée au financement des collectivités locales en France) n’ont pas été solutionnés. En attendant, la presse française cite le nom de Robert De Metz, déjà administrateur du groupe et ancien membre du comité de direction de BNP.

Quant à l’actuel président du conseil d’administration, Jean-Luc Dehaene, il a, comme prévu, donné sa démission à compter du 1er juillet. Karel De Boeck reprendra la présidence ad intérim pendant un bon mois. Bernard Herman, un consultant proche de la SFPI (holding de l’Etat belge) et de son administrateur délégué Koen Van Loo, a été nommé en remplacement de Jean-Luc Dehaene.

Autre changement notable dans la gouvernance du groupe franco-belge : le comité de direction est ramené d’une dizaine à trois personnes : le CEO, le directeur financier (actuellement le Français Philippe Rucheton) et le directeur des risques (le Belge Claude Piret). Logique, vu ce qu’est devenu Dexia, à savoir un groupe en liquidation.

Dans le communiqué publié hier, Karel De Boeck "rend hommage à la mobilisation exceptionnelle de Jean-Luc Dehaene et de Pierre Mariani depuis octobre 2008". "Le travail qu’ils ont accompli a permis de réduire, dans un environnement économique de crise aiguë, les risques présentés par le groupe Dexia", déclare-t-il "au nom du conseil d’administration".

Pas question donc de désavouer le duo sortant.

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