Rentrée à hauts risques pour la zone euro

L.Lam. (Avec AFP) Publié le - Mis à jour le

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Les dernières statistiques économiques de la zone euro laissent entrevoir une possible replongée en récession au troisième trimestre. Ce serait la deuxième fois en trois ans, après celle du troisième trimestre 2009. Une récession se définit par deux trimestres consécutifs de contraction de l’économie.

Après une stagnation au premier trimestre, il semble que l’économie de la zone euro ait régressé au second trimestre. Selon une première estimation d’Eurostat, le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a reculé de 0,2 % d’avril à juin. L’Allemagne, la locomotive de l’économie européenne, ne semble plus en mesure de jouer son rôle. Il faut dire que les marchés émergents ne sont plus aussi vigoureux, ce qui limite les débouchés pour les exportations allemandes.

Les dernières statistiques ont une nouvelle fois montré une forte disparité entre les économies européennes. Au sud, l’Espagne (-0,4 %), l’Italie (-0,7 %), le Portugal (-1,2 %), Chypre (-0,8 %) et la Grèce (-6,2 %) ont tous reculé. Au nord, en revanche, Allemagne a crû de 0,3 %, tandis que les Pays-Bas et l’Autriche ont progressé de 0,2 %. Pendant ce temps-là, la France stagnait pour le troisième trimestre consécutif tandis que la Belgique reculait de 0,2 %. Et selon les derniers baromètres économiques, la situation devrait continuer à se détériorer. En Allemagne, l’indice Ifo est au plus bas depuis avril 2008. Ce baromètre de confiance des entrepreneurs allemands est en recul depuis quatre mois d’affilée.

Cette activité économique en berne a logiquement pesé sur les chiffres du chômage. Dans la zone euro, le taux de chômage s’est établi à 11,3 % de la population active en juillet. Ce n’est pas un record puisque le chiffre du mois de juin a été remonté de 11,2 % à 11,3 %. Mais si le taux est inchangé, 88 000 personnes supplémentaires sont venues grossir la liste des demandeurs d’emploi en juillet, ce qui la porte à 18 millions.

L’accalmie enregistrée au mois d’août sur les marchés pourrait bien être de courte durée. Les propos rassurants tenus par le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, ont notamment permis à l’Espagne et à l’Italie de financer leur dette à des taux en forte baisse ces dernières semaines. L’indice paneuropéen, Eurostoxx 50, a, lui, affiché une hausse de 4 % sur le mois écoulé. Sur la même période, l’euro s’est repris en enregistrant une petite hausse de 2 %. Mais la rentrée pourrait être à hauts risques. La décision de Mario Draghi de ne pas participer au séminaire des banquiers centraux à Jackson Hole aux Etats-Unis a été interprétée comme le signe que la BCE se prépare à annoncer un programme de rachat d’obligations. Si rien de concret n’est annoncé, la déception pourrait être grande sur les marchés.

En ce qui concerne la Grèce, son Premier ministre, Antonis Samaras, a lancé une véritable offensive de charme à Berlin et Paris pour rassurer ses créanciers. Il demande aussi un délai supplémentaire de deux ans, jusqu’en 2016, pour que la Grèce remplisse ses objectifs budgétaires. La décision dépendra des conclusions de la troïka des créanciers d’Athènes (UE, BCE et FMI), qui sera de retour dans la capitale grecque dès les premiers jours de septembre.

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