Résidentiel belge trop cher? Foutaise

C.M. Publié le - Mis à jour le

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Le temps serait-il aussi maussade sur le marché résidentiel qu’il l’est sur les résidences ? Courant du 2e trimestre, l’indice Trevi, du nom du réseau d’agences immobilières qui le concocte, s’est inscrit en recul de 1,2 % à 111,2. Rien de tragique : il revient à son niveau de fin 2011 et "gomme ainsi la hausse constatée sur le 1er trimestre". L’explication, selon Trevi, tient "dans l’instabilité politico-économique que nous avons traversée ces derniers mois". Aussi bien au niveau belge, qu’européen.

"L’immobilier nécessite une dose de confiance tant pour les acheteurs occupants qui s’endettent souvent sur 20 ans que pour les investisseurs qui apprécient de connaître le cadre fiscal dans lequel ils évoluent", ajoute-t-il dans son communiqué. Or, c’est aux (petits) investisseurs que le marché immobilier belge doit d’avoir tenu bon malgré la crise. Des investisseurs qu’il ne faudrait pas chagriner ou angoisser, au risque de les voir tout à coup manquer d’appétit pour la brique. Et, c’est tout l’inverse qui se passe, peste le milieu immobilier. Qui pointe notamment - et c’est le véritable objet de la colère du groupe -, "les prévisions alarmantes de certains analystes". Entre autres ceux qui, se basant sur l’évolution des prix, des salaires et des loyers, indiquent que les prix sont surévalués de quelque 50 % et qu’une chute est inéluctable.

A ceux-là, Trevi rétorque d’autres chiffres. Pas les siens, suspectés de vouloir "faire mousser le marché", mais ceux de Deloitte : si le prix moyen d’un appartement de 70 m² correspond, en Belgique, à 4 années de salaire brut, il en exige entre 6 et 7 en Espagne, aux Pays-Bas et en Autriche, et entre 8 et 9 en France et en Italie. "Comment dès lors, estimer que nos prix sont trop importants ?", s’interroge Trevi. Le même Deloitte indique par ailleurs que le prix moyen du mètre carré résidentiel neuf est évalué à Bruxelles, la ville la plus chère du pays, à environ 2400 €, soit le niveau de Berlin, Turin, Linz (Autriche) et Prague; un tarif "extrêmement raisonnable" sachant qu’il est à 3000 € à Hambourg et Francfort, 3500 € à Copenhague, 3700 à Lyon, 4000 à Milan et à Rome, 4200 à Marseille et au-delà des 8000 €/m² à Paris. "Voilà déjà de quoi recentrer le débat sur une stricte réalité observée", dit-il.

Et d’ajouter, à l’intention des analystes et prévisionnistes - "émanant d’ailleurs, curieusement, généralement des milieux financiers et non immobiliers" - que sur ces 5 dernières années, "leurs prévisions de forte chute des prix de l’immobilier résidentiel se sont révélées jusqu’ici largement inexactes". Et que, sur les 40 à 50 dernières années, la brique n’a jamais connu de chute de 20 ou 30 %. A bon entendeur

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