Semaine très chaude à Athènes

Angélique Kourounis Publié le - Mis à jour le

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Actualité Correspondante à Athènes

Athènes entame ce lundi une semaine cruciale pleine de suspense et de négociations. D’un cote le Premier ministre conservateur Antonis Samaras qui doit convaincre les créanciers du pays, zone euros et FMI, d’accorder deux ans supplémentaires au pays pour réduire ses déficits ; de l’autre les créanciers, justement, mais essentiellement l’Allemagne d’Angela Merkel, qui ne veulent rien savoir. Une Angela Merkel en pleine campagne électorale et qui a fait de la Grèce son argument massue visant à prouver que la parole de Berlin est bien celle qui domine en Europe. Pour la coalition gouvernementale de la chancelière allemande, la Grèce doit d’abord appliquer les réformes in extenso, remplir les caisses de l’Etat, réduire ses déficits et après, uniquement, on pourrait éventuellement discuter des deux ans supplémentaires que demande Athènes.

Sauf qu’après il sera trop tard. La Grèce n’est plus en récession, mais bien en dépression, et même profonde. La récession pour les six premiers mois de l’année en cours est de - 7 %, une récession qui dure depuis cinq ans maintenant. Un tiers des Grecs vivent sous le seuil de la pauvreté, et selon les chiffres même de la Commission Européenne, 1 000 entreprises ferment définitivement chaque semaine. C’est autant de chômeurs en plus, de taxes et de cotisations en moins dans les caisses de l’Etat. Pour Vassilis Korkidis, patron des PME de la région de l’Attique qui regroupe presque 50 % de la population du pays, " les plans de rigueur adoptés ne font que creuser les déficits, freiner la reprise et augmenter le chômage ". Un chômage qui a dépassé les 23 % de la population active dont plus de 45 % ont moins de 25 ans. Par ailleurs, les privatisations annoncées comme "LA" planche de salut du pays, piétinent. " Comment pourrait il en être autrement ?", se demande Pavlos Tsimas, journaliste vedette de la télé Mega. "Personne ne veut acheter des entreprises problématiques et ceux qui veulent acheter celles qui se portent bien offrent une bouchée de pain."

Autre problème que doit affronter cette semaine Antonis Samaras, la fronde de son parti et de la coalition gouvernementale appelés à adopter 11,5 milliards d’euros d’économies, d’ici 2014 auxquels s’ajouteraient selon la presse allemande 2,5 milliards supplémentaires pour cause de rentrées fiscales insuffisantes. Pas de mystère, le ministère du Travail va fournir 45 % de ces économies demandées. C’est autant de nouvelles coupes horizontales dans les salaires, les retraites, y compris à partir de 800 euros, alors que les Grecs sont appelés à payer en moyenne 1 850 euros d’impôts supplémentaires.

Conscient de cette situation explosive, Antonis Samaras va plaider sa cause avec en gage de bonne volonté, un plan détaillé de ces 11,5 milliards d’euros d’économie " trouvés à 700 millions près " selon le ministère des Finances. Demain, le premier ministre grec rencontre à Athénes le président de l’Eurogroupe Jean Claude Juncker, puis viendra le tour d’Angela Merkel à Berlin et de François Hollande à Paris.

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