Thalys et Eurostar économisent sur le dos de la SNCB

F.C. Publié le - Mis à jour le

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La SNCB est vraiment au cœur de l’actualité pour le moment... Malgré elle, sans doute. Des exemples ? La semaine dernière, la prime de 500 euros versée par la SNCB aux collaborateurs qui aideraient à engager une connaissance dans les métiers en pénurie a suscité de sévères critiques (cf. "La Libre" des 21 et 22 août).

Ou encore : vendredi dernier, la forte hausse, de 2008 à 2009, du salaire des patrons des trois branches du groupe (SNCB Holding, Infrabel et SNCB) a pu étonner, eu égard au déficit de l’entreprise publique.

Mais le sujet qui fâche actuellement (les syndicats, le CD&V, l’Association des clients des transports publics, Navetteurs.be ), c’est la majoration de 7 euros appliquée depuis hier par la SNCB sur les billets relevant du trafic international (dite "supplément pour assistance personnelle"). Bon à savoir : les achats effectués via Internet ne sont pas concernés par la taxe.

Derrière cette mesure, on trouve notamment le fait que les opérateurs ferroviaires tels qu’Eurostar ou Thalys ont décidé de moins rétribuer la SNCB pour le service de vente de leurs billets dans les gares belges.

La CGSP Cheminots et la CSC Transcom ont mené lundi des actions de sensibilisation des voyageurs à ce sujet.

Sensibilisation à quoi, au juste ? Aux dangers de la mise en concurrence du secteur ferroviaire au niveau européen, répond le syndicat socialiste.

" L’augmentation de 7 euros, c’est l’un des effets de la libéralisation du trafic international effectif depuis le 1er janvier , précise Michel Praillet, secrétaire national CGSP Cheminot. Dans ce contexte, la commission versée à la SNCB est passée de 10% du prix des tickets à 5%, affirme Michel Praillet. Une diminution de moitié, donc, qui aggrave les problèmes financiers de la SNCB. Est-ce que la SNCB espère ramener les comptes à l’équilibre via ce supplément de 7 euros ? En tout cas, cela devrait combler une grosse partie de la diminution de recettes liées à la décision des opérateurs", ajoute-t-il.

La révision à la baisse des commissions est en effet confirmée par la direction de la SNCB. "Le secteur a été complètement libéralisé et ces sociétés essaient d’offrir les billets les moins chers possibles. Elles ont donc diminué leurs commissions à la SNCB mais également aux agences de voyages, par exemple", explique Philippe Tomberg, le porte-parole.

Au sujet de la majoration de 7 euros, il précise qu’elle concerne le trafic international mais pas les simples trajets transfrontaliers. "De plus, c’est un supplément par dossier et non par ticket. En d’autres termes, si vous partez en famille et que vous achetez plusieurs billets, les 7 euros supplémentaires ne devront être déboursés qu’une seule fois. La SNCB vise un service optimum pour les clients. Le trafic international a provoqué beaucoup d’investissements et les 7 euros par dossier servent à compenser ce phénomène."

Problème : la CGSP estime que seuls 60 à 70% des billets pourront être vendus via le Web car de nature suffisamment simple. Mais le reste, plus complexe à commander et devant obligatoirement passer par les guichets internationaux, tombera automatiquement sous le coup du "supplément pour assistance personnelle".

Enfin, les personnes ne disposant pas d’Internet ou d’une carte de crédit devront par la force des choses passer aux guichets internationaux de la SNCB et s’acquitter des fameux 7 euros.

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