Un château fort virtuel

Olivier Standaert Publié le - Mis à jour le

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Aller à la découverte du centre de données de Belgacom induit de prime abord une question toute simple : qu’entend-on précisément par centre de données, ou "data center" dans le jargon anglicisé des télécoms ? Pour répondre en style imagé, il s’agit d’un gigantesque château fort virtuel renfermant une quantité infinie d’informations, pour qui la plus infime panne de courant serait fatale

Gigantesque ? Rien que pour le groupe Belgacom, il y en a pour 14 400 m2, répartis en trois sites. Près de 60 % de cette superficie est dédiée aux clients du groupe, au nombre de 230, qui louent une surface plus ou moins grande en fonction de leurs besoins (par exemple des logiciels calculant les salaires).

L’ensemble des sites facturent pour 9 millions d’euros d’électricité chaque année Au-delà du sas d’entrée du "data center" d’Evere, tout, ou presque, est dédié à la sécurité et la survie de ces millions de données. Contrôle 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 des allées et venues, système de détection des mouvements, contrôle de la ventilation, de l’humidité et de la température, système de détection des fumées et dédoublement de fourniture d’énergie. A la moindre panne de courant, un système B alimenté par des moteurs diesel prend le relais sans qu’il y ait la moindre coupure d’alimentation. Les cuves permettent de pallier 72 heures de carence de la part du fournisseur.

Celles-ci sont loin d’être superflues : près de soixante coupures ont déjà émaillé la vie du site d’Evere depuis son inauguration en 2001. "Cette débauche de moyens et d’efforts, si importante en terme de budget, n’est là que pour remédier au petit pour-cent de risque que nous encourons " , constate, philosophe, Frank Foulon, manager du data center de Belgacom.

Sur une échelle de quatre, le centre arrive au 3e niveau de certification en matière de sécurité et de fiabilité. Derrière ces centaines d’armoires à données verrouillées et ventilées en permanence se cache toute la stratégie du groupe Belgacom pour les années à venir : virtualiser, épargner et augmenter le potentiel du matériel existant.

La raison en est simple : construire un nouveau centre coûterait au minimum 30 000 € par m2 ! "Cela ferait donc 200 millions d’euros pour un site de 5 000 m2 ", précise Frank Foulon. Belgacom a donc choisi de densifier encore davantage son réseau actuel via des procédés de virtualisation.

En règle générale, la concurrence opte plutôt pour la construction d’un nouveau site. Pourtant, les bénéfices d’une telle stratégie sont légion : elle accroît la flexibilité du système, permet d’épargner des investissements tout en augmentant les capacités des serveurs.

Tout va aussi plus vite : le temps de déploiement des serveurs se compte en minutes et non plus en heures. L’autre challenge, c’est la mutation vers un modèle moins énergivore. Le centre de données consomme beaucoup. Ses factures s’allégeront grâce au remplacement du système de refroidissement au profit d’un autre fonctionnant avec liquide, ou grâce à l’installation de couloirs chauds/froids. De quoi diminuer les besoins en électricité de 40 %.

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