Un crédit peut en cacher d'autres

C.M. Publié le - Mis à jour le

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C’est le compte léger que vous vous êtes enquis, auprès d’un organisme de prêt, de la possibilité d’emprunter quelques dizaines de milliers d’euros pour acheter un appartement ou une maison. Quelle n’est pas votre surprise de vous entendre répondre que vous avez déjà 4, 5 ou 5 crédits ouverts. Certes, vous terminez de rembourser votre voiture. Mais que sont les autres crédits qu’on vous attribue et qui, dans votre esprit, risquent de vous empêcher de vous lancer sur les chemins de l’immobilier ? Explications.

1Tout part de la Centrale des crédits aux particuliers (CCP), un outil de lutte contre le surendettement (voir ci-contre) géré par la Banque Nationale de Belgique. Tous les crédits conclus y sont répertoriés, ainsi que les éventuels défauts de paiement relatifs à ces crédits. Fin juillet de cette année, plus de 6,2 millions de personnes y étaient inscrites, ayant au moins un contrat en cours. C’est 18,5 % de plus qu’il y a un an. En termes de contrat, le nombre monte à près de 11,4 millions. Ce qui veut dire qu’en moyenne, une personne détient 1,8 contrat. Pour clôturer cette litanie de chiffres, ajoutons que seulement 24 % de ces 11,4 millions de contrats sont hypothécaires contre 76 % de crédits à la consommation. Avant tout octroi de crédit, les prêteurs doivent obligatoirement consulter la centrale.

2C’est qu’il y a crédit et... ligne de crédit. Si autant de Belges détiennent un crédit, voire plusieurs, c’est que le terme couvre un bien large panel de contrats. Il y a les crédits proprement dits : les crédits-logements et les prêts à tempérament, pour l’achat d’une voiture par exemple (le classique des classiques) ou pour des achats divers (sans catégorie particulière). Il y a aussi les lignes de crédits ou ouverture de crédit, qui font largement remonter les statistiques. D’une part, les facilités de découvert accordées par votre banquier vous permettant de descendre dans le rouge jusqu’à un certain montant; ce que la plupart des comptes à vue offrent et qui est automatiquement enregistré à la CCP. D’autre part les ouvertures de crédit autorisées par des magasins (Makro, Media Markt, Krëfel ). Il ne s’agit pas d’une carte de fidélité, mais bien d’une carte avec option "ouverture de crédit". Que vous l’ayez ou non utilisée, voire que vous ayez clôturé le remboursement de la télé ou de la machine à laver acquises grâce à cette carte, le contrat est réputé toujours ouvert. "C’est une ligne permanente, indique un spécialiste à la BNB. L’ouverture de contrat dort, mais reste, en soi, active." Dernier type de contrat, celui que Visa et autres Mastercard peuvent accorder. "En principe, une carte de crédit classique n’est pas une ouverture de crédit. Le paiement est simplement différé, poursuit le spécialiste. Mais si l’option permettant l’échelonnement des paiements est activée, alors cela devient une ouverture de crédit. Mais ce n’est pas courant."

3Un passage obligé, mais qui ne fait pas obstacle. Un prêteur qui interroge la CCP voit l’état du crédit du demandeur (nombre, montants, défauts éventuels et échéances), mais sans pouvoir identifier les autres prêteurs. Ce que seul le demandeur peut faire. En juin dernier, la BNB incitait les banques à une vigilance accrue en matière de crédit hypothécaire, quitte à renforcer les critères d’octrois. Mais ce n’est pas le nombre de crédits et lignes de crédits à la CCP qui devient le nouvel étalon. "Les banques ne sont pas plus vigilantes qu’avant, indique Olivier Degraeve, qui dirige l’Office du prêt hypothécaire. Elles l’ont toujours été. Dans notre activité, en tous les cas, on n’a pas senti plus de freins qu’avant qui seraient liés à l’alerte de la BNB de juin." La centrale des crédits aux particuliers, il la connaît bien : il la consulte dès qu’un client s’adresse à lui. "En tant que courtier de crédit, nous sommes bien sûr très attentifs, poursuit-il. Le nombre de crédits n’est pas un élément bloquant. Mais on en tient compte dans le rapport charges/revenus (habituellement un tiers). C’est normal."

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