Uplace : Bruxelles attaque la Flandre

Raphaël Meulders Publié le - Mis à jour le

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Un nouveau nuage noir plane sur le projet Uplace de Machelen. Pour rappel, ce futur centre commercial, horeca et de loisirs de 192 000 m2 a reçu son permis d’environnement de la Région flamande en mai dernier. Or ce projet, porté par Bart Verhaeghe, le président du FC Bruges, ne fait pas l’unanimité dans la région. Les communes de Vilvorde, Louvain et Grimbergen ont ainsi déjà introduit un recours au Conseil d’Etat contre Uplace. Cette fois-ci, c’est au tour de la Région bruxelloise de s’y mettre.

Attention toutefois, le recours bruxellois est différent de celui des communes flamandes : il ne vise pas Uplace en particulier, mais plutôt "le plan stratégique de la Flandre autour de Bruxelles". "Nous avons déposé un recours en annulation auprès du Conseil d’Etat contre ce plan et cette politique menée la Flandre dans la périphérie, explique-t-on auprès du cabinet du ministre-Président bruxellois Charles Picqué (PS). Cela concerne aussi, par exemple, l’élargissement prévu du Ring. Ces différentes mesures ont un impact sur les Bruxellois et la Région d’un point de vue de la Mobilité ou de l’Environnement. Or aucune de nos remarques n’a été prise en compte par le Gouvernement flamand."

Jusqu’ici assez discret sur la question - afin d’éviter de faire d’un problème d’aménagement du territoire un conflit communautaire, expliquent certains - Charles Picqué sort donc du bois. Il est vrai que Uplace vient aussi contrecarrer les projets commerciaux du Nord de la Région bruxelloise (Neo et Just Under the sky). Or ceux-ci ont pris du retard sur le projet flamand et différentes études affirment que seul l’un d’entre eux est viable. Dans une réponse à une interpellation de la députée Béatrice Fraiteur (FDF), Charles Picqué explique ainsi que le projet Uplace "constitue un ensemble totalement artificiel conçu sans considération pour les problèmes de mobilité".

Il justifie le recours bruxellois contre le plan stratégique de la région flamande autour de Bruxelles "en ce que (ce plan) considère comme acquis des projets comme Uplace et en ce qu’il contrevient aux objectifs d’Iris 2 (NdlR : plan de Mobilité de la région bruxelloise). " Je pourrai annoncer unilatéralement que nous abandonnons le projet Neo, poursuit le ministre-Président . Cela ferait plaisir à certains, mais ce ne serait pas cohérent avec notre vision de la ville. Ce serait injuste, dans la mesure où je considère que le projet Neo est le premier à avoir été dessiné et qu’il dispose d’arguments que ne possède pas Uplace" . Ces différents recours devraient prendre plusieurs mois, voire années avant d’être traités. Ce qui pourrait retarder considérablement le projet Uplace.

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